‹ Un Père prodigueChapitre 35 sur 113 · ACTE DEUXIÈME. 5U · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. 5U

DE LIGNERAYE.

Je sais cela.

DE PRAILLES.

Je venais m'excuser auprès de la marquise de lui manquer de parole. Je suis forcé de retourner à Paris.

DE LIGxNERAYE.

Aujourd'hui même ?

DE PRAILLES.

A l'instant.

Puis-je vous demander, monsieur, si c'est une mauvaise nouvelle qui vous rappelle à Paris ?

DE PRAILLES.

Madame de Prailles m'écrit qu'elle est très souffrante et qu'elle ne peut venir me rejoindre avant deux ou trois jours. Je n'étais venu à Dieppe avant elle que pour retenir un appartement et lui épargner les ennuis d'une installation. Je n'ai donc pas de raison de rester ici lorsqu'elle est souifrante là-bas. Je ne saurais prendre un plaisir dont elle se trouve privée pour une pareille cause, et, d'ailleurs, je serais trop inquiet.

DE LIGNERAYE.

Ne nous avez-vous pas dit que la mère de madame de Prailles était auprès d'elle ?

DE PRAILLES.

Oui, heureusement ; mais j'ai le ridicule — dans ce tempsci c'en est un, je crois, — d'aimer ma femme...

DE LIGNERAYE.

Pourquoi n'aimerait-on pas sa femme? on aime bien celles des autres...

DE PRAILLES

Alors, je puis compter, monsieur, que vous présenterez mes excuses et mes regrets à madame de Chavry ?

DE LIGNERAYE.

Certainement.

DE PRAILLES.

Merci, et au revoir, j'espère; si jamais vous venez à Tours, n'oubliez pas que j'en suis à deux lieues, au château de Prailles, dix mois sur douze, et que je serai heureux de vous y recevoir.

DE LIGNERAYE.

De mon côté, monsieur, si je puis jamais vous être bon à quelque chose, disposez de moi.

Les deux hommes se saluent au moment où de Naton entre. De Prailles sort.

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