‹ Un Père prodigueChapitre 57 sur 113 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE COMTE

Cela signifie, chère et adorable enfant, qu'il y a de par le monde, et pas bien loin de vous, un homme qui avait l'ambition de faire de vous sa femme. Cet homme était un fou, car il a près de trois fois votre âge, mais il a entendu les bonnes paroles que vous avez dites ; elles lui ont rappelé à temps qu'il était père, et qu'il n'a plus autre chose à demander à la vie que les joies de la paternité. Alors, il a regardé son Ois, qui était auprès de lui, et, le voyant ému et tremblant à vos paroles, il a tout deviné et il s'est dit : « Cet époux dont parle Hélène, qu elle doit aimer, qu'elle aime, je tiens sa main; et, si j'aimais cette enfant, moi, c'est que je Faimais par lui et pour lui, car cet homme, c'est bien plus que mon cœur, c'est mon fils; c'est-à-dire le cœur de mon cœur! »

ANDRE, se jetant dans les bras du comte.

Mon père!...

HÉLÈNE, très émue.

Monsieur l

LE COMTE

Ma chère marquise, je vous avais demandé la main de votre nièce, mais j'avais oublié de vous dire que c'était pour mon fils.

ANDRE, s'approchant d'Hélène.

Je sens en moi comme en vous la volonté du bien; je vous estime, je vous aime. Soyez ma femme. Associons-nous, non pas pour accoler nos écussons et réunir nos fortunes, mais pour nous aimer sincèrement, pour porter à deux les joies et les douleurs de ce monde; pour être une force et un exemple.

Combien me donnez- vous de temps pour réfléchir?

ANDRÉ

Tout le temps qu'il vous plaira; car le temps que vous emploierez à réfléchir, je l'emploierai à vous prouver que je vous aime.

HÉLÈNE

EhNen, nous verrons...

LE COMTE

Ma foi, c'est une bonne chose de pleurer, n'est-ce pas, marquise ?

LA MARQUISE

Oui, cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps... Je croyais avoir perdu les larmes.

LE COMTE

On a toujours des larmes quand on a des enfants.

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