SCÈNE VIII
LE COMTE, DE TOURNAS, puisMADAME GODEEROY.
DE TOURNAS
On ne peut pas appeler cela èlre reçu à bras ouverts; qu'en pensez-vous, cher ami?
LE COMTE
André est un peu pressé, en effet.
DE TOURNAS
Vous savez, mon cher Fernand, l'amitié que j'ai pour vous; mais, comme vous vivez avec votre fils, et que c'est votre fils, après tout, si cela vous embarrasse de me recevoir, profitez de l'occasion pour me le dire, elle est bonne. Je n'ai jamais été importun, cependant. Il m'a rendu un service, c'est vrai, mais il n'est pas le seul, et l'on ne me les reproche ainsi nulle part. Je ne me suis pas encore acquitté, mais j'espère bien un jour... Enfin, faut-il m'en aller ?
LE COMTE
Pas le moins du monde. Ne faites pas attention à la mauvaise humeur d'André. Une petite discussion.
DE TOURNAS
Entre vous?
LE COMTE
Oui.
DE TOURNAS
Rien de sérieux, cependaut?
LE COMTE
Bien entendu. Il avait raison, du reste, et c'est sans importance. Parlons de vous. Qu'est-ce que vous devenez?
DE TOURNAS
Oh ! moi, en dehors de mon affaire de succession, je vais entrer chez (n pane à roreiue da comte.) N'en parlez pas; et je venais vous voir justement pour savoir du neuf. On ne vous rencontre plus nulle part. On dirait que c'est vous qui êtes marié. Enfin, vous êtes heureux, vous vous portez bien, voilà l'important. Vous êtes toujours bon et affectueux pour vos anciens amis. Vous êtes de la bonne race, vous. A quelle heure peut-on venir vous voir, de temps en temps, sans vous déranger et sans crainte de rencontrer votre fils ?
LE COMTE
Le matin, venez déjeuner avec moi.
DE TOURNAS
C'est cela... je viendrai déjeuner un de ces matins avec vous.
Il fait mine de s'en aller.
Vous VOUS en allez ?
DE TOURNAS
Oui, j'ai vraiment peur d'être mal arrivé aujourd'hui ;
et puis vous semblez préoccupé...
LE COMTE
Non, non ! Voulez-vous dîner avec moi ?