‹ Un Père prodigueChapitre 72 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

DE TOURNAS

Aujourd'hui ?

LE COMTE

Ce soir.

DE TOURNAS

Ce soir? Oh! ce soir, impossible! Je donne moi-môme à dîner à quelqu'un. Cela vous étonne?

LE COMTE

Mais non, c'est tout simple.

DE TOURNAS

Je donne à dîner à madame de la Borde. Je vous offrirais bien de dîner avec nous, mais un homme aussi rangé !

LE COMTE

Vous la voyez toujours ?

Nous ne nous quittons plus... En tout bien, tout honneur! Comme vous pensez, elle me donne souvent... (se reprenant.) quelquefois à dîucr ; et de temps en temps, à mon tour, quand j'ai un peu d'argent, je la mène au cabaret... Nous dînons ce soir au Café Anglais, ça vous va-t-il?

LE COMTE

Merci.

DE TOURNAS

Merci non ?

LE COMTE

Merci non.

DE TOURNAS

Je n'insiste pas ; mais, entre nous, vous avez tort.

LE COMTE

Pourquoi ?

DE TOURNAS

D'abord, parce que cela me ferait plaisir, à moi ; puis parce que cela lui ferait plaisir, à elle. C'est une femme intelligente, qui a compris vos raisons et gardé de vous le meilleur souvenir ; aussi, elle vous défend...

LE COMTE

On m'attaque donc ? ,

DE TOURNAS

On VOUS attaque comme tout le monde ; et il est des occasions...

Mon cher Tournas, j'ai horreur des énigmes ; si vous voulez me dire quelque chose, dites-le-moi, mais dites -lemoi clairement.

DE TOURNAS

Tenez, l'autre jour, justement devant Albertine, on parlait de votre conversion, et l'on plaisantait, et l'on vous comparait à mademoiselle de la Vallière... « Chagrin d'amour !... » a dit quelqu'un.

LE COMTE

Chagrin d'amour ?

DE TOURNAS

Je VOUS répète ce que j'ai entendu dire, moi... Il paraît que vous avez été amoureux de mademoiselle de Brignac,

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