‹ Un Père prodigueChapitre 93 sur 113 · ACTE QUATRIExME. 16i · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIExME. 16i

en vous voyant en pareille compagnie, je ne pouvais pas reconnaître tout de suite le gentilhomme dont ma sainte mère a porté le nom.

LE COMTE, uvec une émotion mêl6o de colère.

Le nom de votre mère n'a rien à faire ici.

C'est vrai, et je lui demande pardon de l'y avoir prononcé.

LE COMTE

Laissons là les grandes phrases bonnes pour les romans et les comédies. Vous désirez connaître mes intentions. Mes intentions sont de continuer à vivre comme je vis. Je reconnais à tout le monde le droit de le trouver mauvais, mais le ne reconnais à personne, surtout à vous, le droit de me le dire. Je suis mon maître et je fais ce que je veux. Je ne me mêle pas de votre vie, ne vous mêlez pas de la mienne, et, si c'est là tout ce que vous aviez à me dire, vous pouvez vous retirer.

AN DUE, après un mon.cnt d'hésilatîon.

Ainsi, vous me fermez votre porte?

LE COMTE

Oui, si vous ne voulez pas être chez moi ce que vous devez être pour les gens que j'aime.

ANDRÉ

Ainsi vous ne voulez pas faire à votre nom, au monde, à moi, à vous-même, le sacrifice de cette femme?

Non.

ANDRÉ

Eh bien !... alors...

lee UN PERE PRODIGUE.

LE COMTE

Eh bien ?

ANDRÉ

C'est moi qui vous sauverai malgré vous et qui lui fermerai la porte de cette maison.

LE COMTE

Parce que ?

ANDRÉ

Parce que... je suis ici chez moi !

LE COMTE

Allons donc!... Ainsi, voilà ton dernier moyen pour me Cjntraindre à faire ce que tu veux, voilà tout ce que ton cœur a trouvé ? Tu n'as pas compris qu'à partir du jour où ton père dépendait de toi, tu lui devais encore plus de respect et plus d'affection. Reprends ton argent, je ne veux plus rien de toi ; va-t'en, non pas de cette maison, qui t'appartient, mais de mon cœur, que je t'avais donné tout entier, et que je ne t'eusse jamais repris !

ANDRÉ

Oh!...

Tiens, veux-tu que je te dise : ce père qui s'était ruiné, ce père qui se plaçait en tiers dans ton bonheur, te gênait, t'ennuyait, et tu ne demandais qu'à te débarrasser de lui, et lorsque, pour mettre ton cœur à l'épreuve, je t'ai dit que je voulais partir, tu es devenu joyeux à la pensée de cette séparation. Tu m'as laissé seul, sans t'occuper de ce je deviendrais dans un pareil isolement. Tu reparais enfin : pourquoi ? Non pas parce que tu aimes ce père, non pas parce que tu veux le sauver, mais parce qu'il dépense trop d'argent et que cet argent est le tie . Alors, tu dis à ton no-

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