ACTE TROISIEME
ANDRÉ
Il me prend que j*aime ma femme; que je veux la rendre heureuse; que j'ai arrangé ma vie et que je ne veux plus que rien vienne la déranger.
LE COMTE
C'est pour moi que tu dis cela?
ANDRÉ
Ce n'est pas pour toi ; mais s'il suffit à tous les gens que j'ai connus, et que je ne veux plus voir, de s'adresser à toi pour...
LE COMTE
Tu me fais une scène?
ANDRÉ
Non, mais...
LE COMTE
Non, mais tu en as bien envie. Veux- tu que je te dise mon opinion ? Tu es parfaitement ridicule.
ANDRÉ
Peut-être; mais j'ai résolu d'être ainsi.
LE COMTE
Où veux-tu en venir avec tes mais et tes résolutions? Suis-je de trop dans la maison ? Dis-le-moi...
Ce n'est pas toi qui es de trop dans la maison, ce sont les gens que tu y laisses entrer.
LE COMTE
Les gens que j'y laisse entrer sont les gens à qui tu en as montré le chemin. Tu es marié, tu aimes ta femme ; je
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serais le premier à prendre parti contre toi, s*il en était autrement ; mais il ne faut pas non plus tomber dans la morale de convention. Avant d'être marié, avant tout tu es gentilhomme... Or, la moindre chose qu'on puisse exiger d'un gentilhomme, c'est qu'il soit au moins poli avec toutes les femmes, et surtout avec une femme dont il est aimé, et tu n'as pas même été poli avec celle-là.
ANDRÉ
Tu as raison.
LE COMTE
Certainement j'ai raison, et tu es bien heureux d'en être quitte à si bon marché : une petite scène et quelques lettres...
Comment I quelques lettres ?
LE COMTE
Après ça, elle ne t'écrira peut-être pas. Si cependant ! C'est une sentimentale de Touraine ! Ça écrit beaucoup, ces femmes-là !