‹ Un père prodigue...: Comédie (en prose)Chapitre 83 sur 112 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ALBERTINE

On VOUS avait prévenu, et vous continuiez! C'est votre

faute, alors, (joseph entre et remet le menu à Alberline. — A de Naton.)

Vous permettez?... (a Joseph.) C'est cela; mais pas de perdreaux... un poulet simplement.

JOSEPH

Quels vins ?

ALBERTINE

J'irai à la cave moi-même. ( Joseph sort. — a de Naton.) Je

vous demande pardon... Vous disiez?...

DE naton.

Ainsi, vous ne m'avez jamais aimé?

ALBERTINE

Jamais, mon ami.

DE NATON.

Vous me l'avez dit, cependant....

ALBERTINE

Que je vous aimais?... Oh! oui, on dit ces choses-ld... mais cela ne signifie rien. Une femme n'aime qu'un homme qu'elle reconnaît supérieur aux autres et à elle-même, soit par l'esprit, soit par le cœur, soit par le caractère; mais des hommes comme vous, mon cher Naton, il ne faut pas vous le dissimuler, il y en a partout!... Celui-ci est la photographie de celui-là, et la nature en tire autant d'épreuves qu'elle veut, sans se fatiguer le moins du monde!...

DE NATON.

Mais, moi, je vous aimais!

1\2 UN PÈRE PRODIGUK.

Je ne veux pas d'observations.

JOSEPH

Cependant, M. le comte...

ALBERTINE

M. le comte n'a rien à voir là dedans... Voulez-vous rester ici, oui ou non?

JOSEPH

Oui.

ALBERTINE

Alors, faites-moi le plaisir de dire : « Oui, madame, » et allez-vous-en.

JOSEPH

Oui, madame, (sortant, à port.) Jouis de ton reste, va! Ça ne durera pas longtemps, c'est moi qui te le dis...

Il sort.

SCftNE lïl

ALBERTINE, DE TOURNAS, puis JOSEPH.

ALBERTINE

Si vous croyez qu'il est facile de mettre de Tordre dans cette maison-ci, vous vous trompez...

DE TOURNAS

Ces pauvres gens î ils sont domestiques!...

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