SCÈNE XIII
THÉODORINE.
Mensonge !
HÉLÈNE
11 sc cache en attendant d'être relevé de sa condamnation.
Mensonge !
HÉLÈNE
Et l’endroit où il se cache est l'hôtel de la rue du Havre.
THÉODORINE.
Mensonge! riiensonge! mensonge!
HÉLÈNE
Pourquoi mensonge?
THÉODORINE.
Parce que c’est lui qui le dit. Mari qui affirme, bouche qui ment. Terminons. Persistes-tu dans ton projet de le suivre pour savoir?... Non!...
HÉLÈNE
Oh! non!
THÉODORINE.
Je m'y attendais ; tu y renonces?
HÉLÈNE
Si j’y renonce ! jamais, je te le jure bien, je ne mettrai plus en doutô sa fidélité ni son amour. Il est jaloux!
THÉODORINE.
Crois, ma chère sœur, crois à la fidélité dans le mariage. Mais voici ce que je te dis dans mes adieux: Tu es une innocente, une sotte ; tu es une femme sans conviction, sans énergie, sans caractère ; tu es... lu n’es plus ma sœur; je te renie pour ma sœur ! Je t’abandonne à l’enfer du ménage. Brûle brûle donc !
HÉLÈNE
Mais, ma chère Théodorine...
THÉODORINE.
Laisse-moi ! oh !
HÉLÈNE
Tu ne veux pas comprendre...
THÉODORINE.
Laisse-moi, te dis-je $ je no veux pas rester une minute, une seconde de plus dans une maison où j’ai été . témoin de tant de faiblesse et de tant de lâcheté. (Elle va pour sortir, un domestique lui remet un billet.) Pour moi ?... (Signe affirmatif do domestique, puis il se retire. — llelène, qui se croit seule, «’est assise rêveuse sur le divan à droite. — Théodorine descend la scène à gauche. À part, ouvrant son billet.)
Comment, de l’autre maintenant ! Les hommes sont singuliers. En voici une qui ne peut pas retenir son mari, et moi, je. ne puis pas éloigner celui-là. Que veut-il encore, puisqu’il refuse?... (Elle lit.) « 11 faut vous obéir, je consens à tout : la » chaise de poste attend au coin de la rue ; ayez le malheur de » paraître, et mes domestiques vous forceront à monter dans » cetle voiture, où non-seulement vous me trouverez, mais » 0(1 vous trouverez aussi votre tante, que j’ai prise pour lé- » moin de la violence que vous voulez que je vous fasse. Ce » moyen n’est pas tout à fait dans mes goûts... mais vous avez » juré de ne vous marier qu’à cette condition... qu’elle s’ac- » com plisse! je vous aime trop pour ne pas y souscrire. Ve- » nez, ou je vais vous enlever dans la maison même de votre » sœur. Votre ravisseur impitoyable et dévoué .. » Comment, il consent! (s’aswyani à gauche.) L’honneur est satisfait, il m’enlève. C’est singulier ce que j’éprouve en moi... il me semble que je suis une autre personne, il me semble... (Elle te 1ère,