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PARIS FIN JUILLET

LES LYS Souçenir de Roumamie

Hai In Crini! Uni la Crini!

Voilà des Lys : Voilà les Lys '.

En effet, ils sont arrivés; toute une nuée odorante envahit la ville; les beaux lys blancs aux pétales de cire, les lys argentés, comme ils embaument ! Ils parfument l'air et leurs forts arômes nous enivrent.

\ oici ceux de l'Angelico et ceux de o l'Annonciation » de l'ia Filippo'Lippi, et les lys suaves et bleutés tic Botticelli, et ceux de Léonard, et tous les lys rêvés de Hébert. Leur parfum puissant depuis des siècles traverse la terre, et tous les ans. aux premiers jours chauds de juin, quand les blés se dorent, quand les rayons font tout éclore, au moment des roses, des cerises juteuses et des fraises : Uni la Crini! Hai la Crini ! retentissent les voix des tziganes pittoresques, à travers les rues étroites de la ville.

Le teint bronzé, aux beaux yeux alanguis, la taille cambrée, couvertes de bouts d'étoiles aux vives couleurs, la tète entourée d'un foulard ou du fameux « toulpan ». une Heur penchée sur l'oreille, la poitrine bombée au vent, un petit panier suspendu au bras gauche qui contient de la lavande, du basilic, quelques

Il- —«»iit dix-sepl là-haut dans la montagne, au tournant de la route, il- son! si droits el fiers enveloppés de lierre.

Le lierre couvre leurs racines, il monte, les enlace comme un serpent jusqu'au sommet, puis retombe en cascade — cascade de feuilles — il- détachenl leurs contours lins sur le 1 >I< 'ii de l'azur. Il- ont l'air gai et jeune, ces arbres-là, et l'eau murmura el chante; ;i côté, le petit torrent sautille, sourit, embrasse toute- les pierres et s'en va,

Ma pensée errante s'en va aussi vers d'autres arbres, les

cyprès noirs de San-Michele <li Pagano, au bord du golfe

llain. Comme ils jettent leur ombre sur les vagues dans les

belles nuits d'été... <le>, vagues lourdes, argentées comme du

métal fondu., cachant le sang des pirates...

Kt vous, mes chers cyprès d'Eyoub qui couvriez de vos ombres les stèles funéraires, pourquoi dans ces cimetières

ht pai \ est -i légère ?

Passez comme des fantômes à travers mes rêves, sapins

gi \ rés et blancs de l'Engadine; reviens, doux écho du vent qui

remue les feuilles, les feuilles traînantes à terre <le mes beaux

noyers des a Roseaux», feuilles veloutées au parfum intense et

. e, feuilles vivantes, feuilles mortes...

5, m Michèle ili Pagam .

Buées grises, givrées, argentées... lin d'automne, plus de feuilles, elles roulent par terre tristement.

Ce matin même, plus de chrysantèmes, les jaunes, les blancs, les violets, si beaux hier, ployaient leur tète en larmes ; la rosée était glacée, tombait quand ou les secouait goutte par goutte. Même les tout petits, les roux sont morts.

— ('/est fini, m'a dit le vieux jardinier.

— (l'est Uni. lui ai- je répondu.

Et mon âme se repliait sur elle-même dans les voiles sombres au lin l'uni de mon moi. Elle grelottait comme les petits oiseaux sur la vieille grille, ceux qui gazouillaient hier encore comme des Tous, croyant le printemps revenu, puisque quelques rayons brillaient...

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