VI. — Conclusion
Qu'il me soit permis de remercier MM. Dupuy- Dutemps et Cestan pour les excellents conseils qu'ils m'ont donnés, et M. le professeur Raymond pour l'honneur qu'il me fait en acceptant aujourd’hui la présidence de cette thèse.
Définition de la paralysie faciale périphérique.
Bérard, dans son article du Dictionnaire en trente volumes, distinguait deux grandes classes de paralysie faciale ; les unes dues à unealtération quel-
conque du nerf facial dans son trajet ; les autres produites par une lésion cérébrale. Les premières portaient sur toute la moitié correspondante de la face ; les autres sur la partie inférieure seulement et s’accompagnaient d’une paralysie des membres du même côté. Actuellement, depuis les travaux de nombreux auteurs français et étrangers sur les origines réelles des nerfs crâniens et spinaux, sur la systématisation des faisceaux blancs de l’axe cérébrospinal en particulier depuis les travaux de Ramon y Cajal l’on admet deux variétés de paralysie faciale: la paralysie centrale et la paralysie périphérique. Depuis la géniale conception de Ramon y Cajal on admet que la voie motrice se réduit en dernière analyse à deux neurones superposés. Le neurone moteur supérieur a son corps cellulaire en un point de la zone psychomotrice de l'hémisphère cérébral. De ce corps cellulaire part un prolongement long, cylindre axile, qui représente le parcours central d’un nerf L’arborisation terminale de ce prolongement long enlace de ses ramuscules le corps cellulaire du neurone moteur inférieur représenté par une grosse cellule ganglionnaire des colonnes antérieures de la moelie quand il s’agit d’un nerf spinal, par une cellule ganglionnaire d’un noyau moteur bulboprotubérantiel quandil s’agit d’un nerf bulbaire. Le prolongement long ou cylindre-axe qui part de ce second corps cellulaire aboutit aux fibres contractiles d'un muscle ; il représente le parcours périphérique du
nerf considéré.
Une paralysie est dite centrale lorsqu'elle affecte le parcours cortico-nucléaire ou central du nerf : elle est périphérique quand elle siége sur son parcours infra-nucléaire.
Dans le cas particulier du système moteur facial, la paralysie centralereconnaîtcomme cause une lésion siégeant, en amont de l’origine réelle de la septième paire, c’est-à-dire sur la portion du trajet comprise entre le centre cortical du nerf et un point situé immédiatement au-dessus de son noyau d’origine bulbo-protubérantielle.
La paralysie périphérique, au contraire, dépend d’une lésion siégeant sur un point du trajet que parcourt lè nerf facial depuis son origine sous le plancher du quatrième ventricule jusqu’à sa terminaison dans les plaques motrices des fibres des muscles de la face.
Elle peut avoir en particulier pour cause une lésion intra-axiale située entre l’origine du facial et son émergence dans le sillon bulbo-protubérantiel. Donc paralysie du nerf facial et paralysie périphérique faciale ne sont pas synonymes en ce sens que cette dernière peut être causée par une lésion des noyaux moteurs sous-ventriculaires comme dans le syndrome Millard-Gubler.
Je n’ai pas à décrire ici le trajet du facial, mais je mentionnerai pourtant les différentes branches qui ont de l'intérêt pour cette étude : je veux parler des nerfs moteurs des paupières et des nerfs excitosécrétoires de la glande lacrymale. Les premiers sont