G A U DI B AND
Non, il ne nous faut rien. ( A part.) Elle est gentille, cette petite paysanne ! (Lucetfe va pour s’en aller, Gaudiband la rappelle. Haut.) C’est donc toi qui portes le lait ce matin?
LUCETTE
Oui, ma sœur est dans le chagrin.
Est-ce qu’elle aurait perdu quelque chose?
LUCETTE
Je ne sais pas... Il y a eu du grabuge à la maison.
GAODIBAND.
Vraiment? Conte-noqs donc ça! (4 part.) Elle a un coude adorable !
LUCETTE
Faut vous dire que ma sœur est montée dans le grenier... par l’échelle.
GAUDIBAND.
Ah! je n’aurais pas craint d’étre le premier échelon. .. celui du bas.
POTEU.
Moi non plus, (//s se mettent à rire.)
LUCETTE
Quoi que vous avez?
GAli diband.
Rien.
LUCETTE
Elle voulait dénicher des œufs dans le foin... Alors Rudo r... qui la fait toujours danser, est monté aussi par l’échelle pour l’aider à chercher...
•Gaudiband, Poteu, Lucette.
POTEU.
Il n’est pas bête, Budor...
GAUDIBAND.
Il est surtout très-obligeant... ( Ils se mettent à rire).
LUCETTE
Eh ben I quoi que vous avez?
GAUDIBAND.
Rien.
lucette., à part.
Sont-y serins! [Haut.) Alors, voilà papa qui entend du bruit; il monte aussi à l’échelle...
POTEU.
Aïe! mauvaise affaire !
LUCETTE
Il trouve Budor, y prend une gaule et y tape dessus!
gaudiband, à part.
Elle raconte' bien.:.
LUCETTE
Alors, voilà maman qui entend du bruit; elle monte aussi à l’échelle...
gaudiband, à part.
Toute la famille y passera.
LUCETTE
Elle trouve papa qui rinçait Budor, et Budor qui criait : « Puisquë je vous demande sa main!... puisque je vous demande sa main ! »
GAUDIBAND.
Eh bien?
LUCETTE
Eh bien ! papa lui a donné son pied... C’est pas aimable, car enfin c’était poli de la part de Budor d’aller aider Catherine...
GAUDIBAND.
Ah! oui, c’était poli!... Moi aussi, je suis très-poli. (U lui pince le coude.)
LUCETTE
Prenez donc garde ! *
UN PIED DANS LE C1UME 13
poteu , à part.
Do voir le bourgeois, ça m’excite! [Haut..) Moi aussi, je suis très-poli, et si vous me disiez : « Poteu , il y a des œufs dans le grenier, » je monterais à l’échelle. [Il lui pince le coude.)
Finissez donc! vous allez me faire renverser mon lait!
. GAUDIBAND.
On te le payera, ton lait T
POTEU.
Parbleu! le patron te le payera, ton lait!
LUCETTE
A quoi que ça vous sert de pincer le monde comme ça?
GAUDIBAND.
Tiens ! ça fait plaisir.
poteu, langoureux.
Ça rend mélancolique!...
LUCETTE, d Poteu.
Pourquoi que vous roulez des yeux de grenouille? poteu, à part.
Oh ! elle est bôte !
gau ni band, à part.
C’est une grue... la grue de l’innocence.
LUCETTE
Ali ça, je perds mon temps... Vous ne voulez pas de lait?... je vais le porter chez monsieur de Blancafort, votre voisin... [Elle remonte au fond.)
GAUD1BANÜ.
Tu crois qu’il en a besoin?
lucette, se retournant.
Sûrement... Il a du monde à dîner, des officiers du fort Montrouge...
GAUDIBAND.
Très-bien I... Je prends les deux boites.
LUCETTE
Comment?
ON PIEI) DANS I.E CRIME
(•Audi ban d , prenant les boîtes.
C’est convenu avec lui... Tu lui diras ; « Il n’y a plus de lait, monsieurGaudiband apris levôtre... » Ça luifera plaisir.
LUCETTE
Je vais lui dire tout de suite!... Bonsoir, la compagnie!
( Elle sort d droite, troisième plan.)