‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 12 sur 99 · SECTION 2. — SITUATION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

SECTION 2. — SITUATION INTÉRIEURE

I. — Plus encore que la situation extérieure, la situation intérieure devait engendrer dans un esprit clairvoyant ce désespoir que cause le recommencement des troubles, alors qu’on reprenait confiance en une passagère pacification. Les souvenirs les plus lointains de son enfance pouvaient rappeler à Crucé les dernières luttes de la Ligue, mais les mieux affermis lui disaient l'heureuse prospérité par laquelle Henri IV avait largement réparé les misères dont on gardait rancune à Henri de Navarre. Hélas, les lendemains de ce règne, si brutalement brisé, n’allaient que trop largement vérifier le mot de celui-là même qui en prévoyait le mieux la vérité : « Mes amis, quand vous ne m'aurez plus, vous

Appendice du t. III}. Et, tout au contraire, on peut supposer, comme nous le verrons, ({nfra, 3° partie, ch. n) que ce sont les Economies royales qui accusent, dans une certaine mesure, l'influence du Nouveau Cynée.

(1) En mai 1610, Henri IV faisait de formidables armements (V. Pfister, Op, cit, no 111, p. 30).

connaîtrez ce que je valais !. » Désormais Concini laisse libre carrière aux ambitions des grands, que Sully avait sagement réprimées. Et ce sont les révoltes de 1614 et de 1616, que sanctionnent, plutôt qu’ils ne les répriment, les traités de faiblesse de Sainte-Menehould et de Loudun. C’est de Luynes, renversant Concini, et laissant se succéder les coups d'état, dont lui-même a donné l'exemple. C’est le gouvernement d'Angers, à côté de celui de Paris. Ce sont les luttes religieuses qui reprennent. C'est l'anarchie croissante, par dessus laquelle il faudra que le puissant génie de Richelieu vienne se rattacher à la souple habileté d'Henri IV. £

Voilà les impressions actuelles, qu’au moment d'écrire son livre, Crucé doit rapprocher de ses souvenirs anciens. Une réserve nécessaire s'impose à lui à l'égard d'événements si récents. Et plutôt que de porter sur eux un jugement incomplet, ou dangereux, il en écarte délibérément la mention, mais de telle manière cependant que son opinion sait n'être point douteuse, et encore moins risquée : « Je feray protestation de ne-parler des tumultes et esmotions civiles, afin que les séditieux ne pensent pas trouver une Apologie pour maintenir leur révolte, ny prétendre une paix, dont ils sont indignes, s'ils ne recognoissent leur Souverain, et s'ils ne renoncent à leurs factions ?. » Quand il prétendra revenir sur ce sujet, c’est, en réalité, des « oisifs » et des « querelleux » qu’il parlera,

Il pouvait, au contraire, — et il ne manqua pas de le faire — blâmer avec pius de liberté les luttes religieuses « qui passionnent tant les hommes et les acharnent les uns contre les autres Ÿ », puisqu'il a le privilège d'écrire dans le pays où l’Édit de Nantes a apporté la tolérance au sein de l’universelle intolérance,

(1) Blanchet, Précis de l’histoire de l'Europe el de la France de 1610 à 1789, 27° édit. Paris, Belin, 1902, p. ro.

(2)Le NC p 3:

(3) Le NA C/Ap.28,;80;,"rr4,retc,

(4) Le N. C., p. 48-50.

(5) Le N. C., p. 48-40.

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