CHAPITRE PREMIER
source la plus large; enfin l’industrie, moins décisive et plus restreinte; et ce Jugement, pour son époque, est la vérité même. Et c'est une même remarque qui explique son avis touchant les sciences, qui embellissent la vie, plus qu’elles ne l’alimentent. Mais ici du moins, son opinion est-elle un peu radicale; on s'étonne que lui, qui si souvent a su prévoir, n'ait pas prévu expansion scientifique.
Dans chaque branche de productivité, dans celle du commerce qu'il étudie de plus près, dans le domaine des impôts qui s'y relie, c’est toujours l'affirmation d'idées rationnelles, l’appel de réformes ingénieuses. Leur énumération nous en à montré l’originalité: leurs destinées nous en apprendront la valeurt.
(x) V. infra, ch. nr, sect. 1. 1] convient cependant de souligner dès maintenant la sagesse des arguments libre-échangistes de Crucé et la modération des applications qu’il conseille. D'une part, il maintient les droits de douane, réduits au minimum, mais il ne les supprime pas. D’autre part, sa justification du régime de liberté, parfois un peu enveloppée, se réduit très certainement à l’examen des trois grands intérêts en jeu. La liberté est favorable au consommateur, parce qu’elle lui fait obtenir le meilleur prix, possible. Elle est favorable au commerce, parce qu’elle lui procure l’expansion. Elle est favorable enfin à l’état, parce qu’engendrant la prospérité économique, elle assure la paix intérieure et la paix extérieure.
La théorie et la pratique libre-échangistes n’ont enseigné et n’ont imaginé rien d’autre depuis trois siècles. La simplicité très réaliste de Crucé est demeurée juste et vraie. (Cf. Dubois. Précis de l’histoire des doctrines économiques. Op. cit, p. 203-207).