‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 59 sur 99 · CHAPITRE III ne · texte numérisé non relu

CHAPITRE III ne

de plusieurs crimes abominables, comme de magie, adultère, blasphème et athéisme, pour ce qu'ils sont plus cachez et plus rares : au demeurant, il les taut chastier selon les coustumes du païs. Je ne me suis arresté qu'aux vices les plus ordinaires et

scandaleux, dont la punition est surtout nécessaire pour la manutention d’un estat ! ».

IT. — Et désormais, il considère la contre-partie, non moins indispensable, de cette politique : la récompense des mérites. Crucé possède ici une vue plus générale et la doctrine qui la traduit témoigne de la finesse du psychologue en même temps que de la sagesse du moraliste. « ..…. Il y a, dit-il, deux sortes de récompense, à sçavoir profit et honneur... ? » Tout l'effort du prince doit tendre à ce que jamais l’un ou l’autre n’aillent à un sujet imméritant ; à ce que rarement l’un et l’autre aillent de concert à un même sujet, même méritant. Que l'honneur aille à ceux qui en ont la compréhension, et le profit à ceux qui en ont le besoin. Par là seront évitées, à la fois, les trop grandes puissances et les trop grandes dépenses 5. Or, tout cela se résume en une exigence unique : la distribution intelligente des « loyers ».

Le plus grand obstacle qui s'y oppose c’est la propriété et la vénalité des offices *. Il conviendrait de les supprimer, en sorte que le mérite devienne le seul principe d'attribution. Il n’y aurait plus alors qu’à classer entre eux les mérites. Et différents passages du livre nous permettent de voir comment Crucé entend ce classement : «Il faut que la vertu aye tousjours le dessus en matière d’honneurs et récompenses *... —- La noblesse de race mérite aussi quelque considération 6... — Il faudra exciter l'industrie

Gi LenN. CP op: 130:

(2) Le N. C,, D. 131.

Le NC pp, 142-143 M)rLe NM C., p. 183-194et 171.

DLeENA Gps:

ONE Cp 19;

et proposer quelque loyer à ceux qui excelleront ès arts et sciences 1... — Que si d'aventure (le monarque) ayme quelques particuliers.... qu'il considère qu'on doit s'acquitter avant :que donner ? ». Son opinion constante est de distribuer d’abord les justes rémunérations et seulement ensuite les libéralités gratuites.

Mais Crucé s'engage plus avant encore dans la voie qui doit lui faire trouver les bénéficiaires les plus qualifiés des largesses royales. Il recommande au souverain, dans ce but, l'emploi de divers procédés qui lui serviront de garantie. « Afin que ses dons soient bien employez, d'autant qu'il ne peut cognoistre tous les gens de bien, il luy est expédient d’avoir un certain Secrétaire, qui l’advertisse de ceux qui sont capables de le servir en quelque charge, ou qui s’en sont autresfois bien acquittez, afin qu'après avoir esté bien informé de leur suffisance, il leur donne, de l’advis de son conseil, les bons gouvernemens ou commissions honorables ». Et, plus loin, il dit encore : « Et pour mieux se comporter en cecy, deux registres luy sont nécessaires. L'un, qui soit l’abrégé de ses finances et de sa despence ordinaire. L'autre qui contienne la liste de ses officiers et domestiques avec les appointemens et dons qu'ils ont obtenu, eux et leurs parens. Le premier registre luy fera voir ce qu’il peut donner. Dans le second il cognoistra ceux qui sont desja recompensez en offices ou en argent “... » La répartition des biens sera désormais équitable, encore, ajoute Crucé « que je n’approuve point l’égallité des proprietez Ÿ ». Elle ne sera plus, du moins, aussi disproportionnée que celle des bénéfices ecclésiastiques. € Est-il raisonnable qu’un seul homme aye un bénéfice qui pourroit suffire à quatre ou cinq personnes de pareille qua-

USÉeN AC" p;-187.

(OELeRN Cp CJÉLeENS Cp CORÉEN bb:

(SIPLENECE perso,

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