‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 9 sur 99 · SECTION I. — SITUATION EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

SECTION I. — SITUATION EXTÉRIEURE

IL. — À peine Henri IV a-t-il réussi à conquérir son propre royaume sur ses propres sujets, qu'il se retourne contre l’étranger.

En 1596, c'est la guerre glorieuse, mais dure, contre les Espagnols, à travers la Bourgogne et la Picardie, que Philippe II, profitant de nos discordes intérieures, convoite en même temps que nos provinces du Nord. Il faut attendre deux ans la paix de Vervins.

- En 1601, la guerre se rallume contre le duc de Savoie qui, lui aussi, veut profiter des troubles de la Ligue, pour s'emparer du Dauphiné. Cette fois encore c’est la victoire ; mais, cette fois encore c’est la dévastation d’une nouvelle partie du royaume.

L'enfance de Crucé a connu deux guerres. Sa jeunesse va voir s'amorcer une lutte qui, s'étendant progressivement à toute une partie de l'Europe, ne s’achèvera qu’au bout de trente ans. L'année même où il publie son livre, — 1623 — la guerre élargit ses premières limites ; elle passe d'Allemagne en Danemark, commençant de menacer la France.

Et que son esprit ne cherche point un refuge dans le passé, car l’histoire, c’est l’histoire de la guerre. « La pluspart des Princes, écrit-il avec mélancolie, ne prise rien que les armes. Ce mal n’est pas d’aujourd’huy!. »

II. — Et pourtant, cette ardeur combative ne peint pas, à elle seule, toute la mentalité de l'époque. Sans-doute, rend-elle un compte toujours exact des conceptions du Prince ; mais, elle commence déjà de ne plus traduire l'esprit de la masse. La vague de libéralisme qui a passé sur la fin du xvi* siècle et qu'ont alimentée tour à tour Hubert Languet, François Hotman, Henri Estienne, La Boëtie, Jean Boucher, Agrippa d’Aubigné*, devient, à Paurore du xvi siècle une vague de pacifisme, insaisissable, anonyme, mais qui s’infiltre partout et trouve dans l’opinion des grands comme des petits, une alliée complaisante. C’est, dans la politique, un renouveau d’idéalisme, voisin du renouveau de charité qui se manifeste dans l’Église, et qui lui donne Saint François de Sales pour docteur et Saint Vincent de Paul pour apôtre.

En 1608, Villeroy, faisant allusion au mariage projeté du dauphin avec une princesse espagnole, écrit à La Boderie : « Nous sommes en train, et avons de quoi faire des alliances en divers endroits ; et vous dirai, si les occasions qui s’offrent sont ménagées, comme elles peuvent estre, que nous pouvons bâtir et rendre durable pour nos jours une paix universelle en la chré-

(DALeNAGS par (2) Cf. Weill, Les théories sur le pouvoir royal en France pendant les guerres de religion. Paris, Hachette et Cie, 1802.

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