‹ Un Poète nationalChapitre 20 sur 20 · AUX ENFANTS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

AUX ENFANTS DE LA FRANCE

Reine du monde, ô France, ô ma patrie! Soulève enfin ton front cicatrisé.

Sans qu'à tes.yeux leur gloire en soit flétrie, De tes enfants l'étendard s'est brisé.

Quand la Fortune outrageait leur vaillance, Quand de tes mains tombait ton sceptre d'or, Tes ennemis disaient encor :

Honneur aux enfants de la France !

De tes grandeurs tu sus te faire absoudre, France, et ton nom triomphe des revers. Tu peux tomber, mais c'est comme la foudre Qui se relève et gronde au haut des airs. Le Rhin aux bords ravis à ta puissance Porte à regret le tribut de ses eaux; Il crie au fond de ses roseaux :

Honneur aux enfants de la France!

Pour effacer des coursiers du barbare Les pas empreints dans tes champs profanés, Jamais le ciel te fut-il moins avare?

D'épis nombreux vois ces champs couronnés

D'un vol fameux prompts à venger l'offense, Vois les beaux-arts, consolant leurs autels, Y graver en traits immortels:

Honneur aux enfants de la France!

Prête l'oreille aux accents de l'histoire : Quel peuple ancien devant toi n'a tremblé? Quel nouveau peuple, envieux de ta gloire, Ne fut cent fois de ta gloire accablé? En vain l'Anglais a mis dans la- balance L'or que pour vaincre ont mendié les rois,

Des siècles entends-tu la voix?

Honneur aux enfants de la France !

Dieu qui punit le tyran et l'esclave Veut te voir libre, et libre pour toujours. Que tes plaisirs ne soient plus une entrave : La Liberté doit sourire aux Amours Prends son flambeau, laisse dormir sa lance ; Instruis le monde, et cent peuples divers Chanteront en brisant leurs fers :

Honneur aux enfants de la France !

Relève-toi, France, reine du monde!

Tu vas cueillir tes lauriers les plus beaux Oui, d'âge en âge une palme féconde Doit de tes fils protéger les tombeaux

86 UN rOÈTE NATIONAL

Que près du mien, telle est mon espérance, Pour la Patrie admirant mon amour, Le voyageur répète un jour :

Honneur aux enfants de la France !

Oui, honneur aux enfants de la France et, entre tous, honneur à qui les chanta si bien, honneur au bon vieux poète, au sage, au doux et joyeux père nourricier qui fit boire la Liberté toute petite dans son verre ! Honneur au bonhomme, au grand homme !

Honneur à Béranirer !

Page 1