Un point curieux des mœurs privées de la grèce
ans toutes les histoires complètes de la Grèce ancienne, on s'est occupé de Tétrange anomalie que présentent, en certains cas, les mœurs de ce pays,si on les compare aux idées que nous nous formons d'un peuple parvenu à un si haut degré de civilisation. Assez de passages nous restent, dans les écrits des philosophes et des poètes, pour prouver que Tamour était compris chez les Grecs d'une
tout autre manière que chez nous, tant entre les hommes qu'entre les femmes. Quelques commentateurs ont cherché, surtout en Allemagne, à pallier ces passages de différentes manières, et entre autres le professeur Welcker (i) a émis l'étrange opinion que la pédérastie fortifiait, chez les Grecs, les liens de l'amitié, et même que ce vice n'était pas le résultat de la sensualité mal entendue, mais d'un principe élevé de la théorie du beau.
Cette doctrine, tout étrange qu'elle paraisse, pourrait s'étayer sur cent passages des auteurs, et il est certain que Platon, Xénophon et maint autre, ont cherché à idéaliser l'impulsion sensuelle de l'amour. La philosophie platonique soutient à la vérité qu'il est, dans certains cas, glorieux de résister à cette impulsion, de même que les stoïciens croyaient que la plus belle victoire de l'esprit sur le corps était d'arri-
( I ) Sappho von einem herrsehenden Vorurtheil befreit. l8l6. Publié de nouveau dans les Mélanges du même auteur, en 1855 : Weber dte bit de 71 odeu der Sappho. Rheinisches Muséum, 1857, n" 4.
ver à l'insensibilité physique. Mais, dans l'un comme dans l'autre cas, la puissance de la cause physique était admise comme naturelle, et en amour les Grecs acceptaient tous les modes sous lesquels elle se manifestait.
C'est à Athènes que la noLiâzpoLdzioL (amour des jeunes garçons)était le plus strictement soumise à certaines règles. IJ Erastes était généralement un homme d*un âge mur, r^r<9;^^;2é7j- un adolescent. Il était toutefois admis qu'une plus grande parité d'âge pouvait exister pourvu que tous fussent des jeunes hommes. Chez V Eromenos, la beauté physique était indispensable, mais non pas chez YErastes. Cette distinction est basée sur Tautorité de Platon dans le Phœdrus, et de Xénophon dans le Banquet, qui disent que, dans leurs rapports, le sentiment que la beauté et la jeunesse inspirent, ne doit pas être absolument réciproque.
D'après les idées des Grecs, prouvées unanimement par leurs auteurs, l'amitié telle que nous l'entendons n'existait qu'entre des vieillards et des hommes d'un âge mûr, entre enfants et des femmes.
Nul Grec n'appliquait le mot epav, spw? et leurs dérivés, à l'amitié et à l'amour pur ; il s'entendait toujours dans le sens érotique et sensuel, à moins que ce ne fût en plaisanterie ou métaphoriquement. La manière claire et déterminée dont Anacréon et d'autres poètes font usage de ce mot, et surtout Sapho dans ses apostrophes à ses amies, ainsi que les explications données sur ces passages par les écrivains Longin, Plutarque, etc., prouvent surabondamment que spw; avait toujours une acception uniquement sensuelle. L'étude des textes des auteurs postérieurs à la période d'Homère et des Homérides (i) montre que les rapports que nous considérons comme de pure amitié entre Achille et Patrocle, Pylade et Oreste, Hercule et lolaus, rentraient dans la catégorie de l'amour pédéraste. Le professeur Welcker, que nous avons déjà cité, est d'avis que les frères d'armes, que les Grecs appelaient la bande sacrée (^iz^oiloyoi) ^ étaient surtout liés par une affection sensuelle qui augmentait leur courage. Le
(I) Nous dirons plus loin pourquoi nous faisons cette distinction.
beau traité de Ciceron de Amicitiaxi^wrait excité que la plaisanterie ou le mépris chez les Athéniens de Tépoque de Périclès. Il est vrai que Xénophon, dans le Banquet^ nous représente laffection de Callias et d'Autolycus comme dégagée de l'élément sensuel, mais nous savons d'autres sources que ce Callias était un débauché qui, s'il ne corrompit pas le jeune Autolycus, le plaçait, dans l'opinion publique, au rang d'un Eromenos, par une liaison que l'usage général regardait comme devant résulter d'un amour impur, ainsi qu'on le voit dans le Phœdrus de Platon. Ce traité sur la ^^^////commence par une conversation entre Socrate et Phaedre oû celui-ci lit un discours de Lysias sur la question de savoir si un beau jeune hmme, sollicité par un grand nombre d'amants, doit accorder ses faveurs à celui qui aime véritablement ou à celui qui n'aime pas et n'est animé que par la sensualité. Socrate soutient, après la lecture, qu'il ferait un meilleur discours sur le même sujet, ce qu'il exécute, à la grande admiration de Phaedre. L'objet de notre " délibération, dit Socrate, est bien établi ' et bien déterminé. Disons quels avanta-
ges ou quels préjudices causeront vérîta- " blement ramant froid ou Tamant pas- " sionné à celui qui cède aux désirs de Tun " ou de l'autre. "
Ensuite il soutient le contraire de la thèse qu'il a défendue d abord, mais touj ours dans le sens de Tamour impur.
Dans le Lysias, autre traité de Platon, la même question à peu près se représente, la définition de L'amour, Et ici encore on rencontre les égarements déplorables où la passion a entraîné un peuple aussi sensible à la beauté que le peuple grec.
Socrate. en se promenant, rejoint Hippothales, qui est amoureux du beau Lysis :
Je te félicite, dit-il, de l'objet de ton
amour ; il est tout à fait noble et digne " d'un jeune homme. Je suis curieux d'ap- " prendre si tu sais parler de tes amours
comme un amant doit le faire. " — Bientôt s'engage une discussion sur la définition abstraite du mot ami^ ce qui a fait intituler ce traité de V Amitié, Mais il est
évident, à la lecture, qu'il ne s'agit point ici du sentiment que nous appelons de ce nom. Ceci est plus explicite encore par le traité suivant, intitulé le Banquet, D'ailleurs, dans les trois discours où Platon a traité de l'amour, il n'est presque nulle part question de femmes, comme si ce sentiment avait été étranger aux femmes de son temps.
Déjà, dans sa République, il les réduit au pur état de femelles, sans leur laisser aucun des devoirs de la maternité. Comment un philosophe tel que Platon, qui avait devancé son siècle sur tant de points, a-t-il pu tomber dans une telle aberration .^^ Uniquement parce que le beau était l'unique idole des Grecs, et qu'ils voulaient en jouir pleinement,sous quelque forme qu'il se présentât. Dans le Banquet (de Platon), Pausanias, un des interlocuteurs, soutient qu'il est beau d'accorder ses faveurs à un ami vertueux, et honteux de se rendre à celui qui est animé seulement par la Vénus populaire.
Ainsi, à force de métaphysique, les Grecs parvenaient à employer le mot Vertu même en l'appliquant à la pédérastie !
Dans ce même traité est racontée une curieuse fiction mythologique qui tend à expliquer l'amour des hommes pour les hon^mes, et des femmes pour les femmes.
Au commencement,il y avait trois sortes de créatures : les hommes, les femmes, et les androgynes, combinant les deux sexes à la fois. A la suite d'une rébellion contre les dieux, Jupiter détruisit les derniers, et sépara les autres en deux parties égales. Puis notre philosophe ajoute : ** Les fem- " mes qui proviennent de la séparation des " femmes primitives ne font pas attention aux hommes et sont plus portées vers les femmes : ce sont les tribades. De " même les hommes, qui proviennent de " la séparation des hommes primitifs, re« " cherchent le sexe masculin. Tant qu'ils " sont jeunes, ils se plaisent à coucher avec " eux, et à être dans leurs bras. Ils sont " les premiers parmi les adolescents et les " adultes, comme étant d'une nature beau- " coup plus mâle. C'est bien à tort qu'on " les accuse d'être sans pudeur, car ce " n'est pas faute de pudeur qu'ils agissent
" ainsi, mais parce qu'ils ont une âme " forte, un caractère viril.
" Devenus hommes à leur tour, ils ai- " ment les jeunes gens, et s'ils se marient, " s'ils ont des enfants, ce n'est pas parce " que la nature les y porte, c'est que la loi " les y contraint. Il leur suffit de passer " leur vie les uns avec les autres dans le " célibat. Lorsqu'il arrive à celui qui aime
les jeunes gens, ou à tout autre, de ren- " contrer sa moitié, Tamour les saisit Tun " et l'autre d'une manière si merveilleuse " qu'ils ne veulent plus se séparer. "
C'est dans ce même dialogue qu'Alcibiade raconte la tentative qu'il fit une nuit pour amener Socrateà sacrifier à la beauté physique, sans pouvoir y réussir. Quoique ce résultat soit en faveur de Socrate, ce récit, fait en plaisantant, au milieu d'une réunion d'hommes instruits et passant pour les plus sages d'Athènes, ainsi que les détails que donne Alcibiade, prouvent suffisamment que Y Alcibiade fanciullo n'est pas tout à fait une fiction.
Xénophon, dans son petit traité intitulé aussi le Banquet, développe absolument les mêmes principes que ceux que nous venons de trouver dans Platon. Le Traité de V Amour, dans les œuvres mêlées de Plutarque, examine également cette passion sous les mêmes aspects.
Que penser d'un état de société où le plus accompli des Athéniens, l'élève de Périclès, celui qu'ils admiraient comme homme d'État et comme orateur, expose en termes qui ne sont nullement voilés une action préméditée que n'oserait avouer aujourd'hui l'homme le plus brutal et le plus grossier ?
Cela n'empêche pas le professeurWelcker et d'autres savants modernes de soutenir que cette sorte d'amour des Grecs exerça une influence salutaire sur leur perception de l'idéal du beau !
Cette conclusion est d'autant plus fausse qu'en admettant même que l'idéal de la beauté, dans sa forme extérieure (un des traits caractéristiques de la Grèce ancienne), dépendait de leur admiration concentrée
sur la forme humaine dans sa jeunesse et dans toute sa perfection, cet idéal ne doit pas nécessairement ne se restreindre que sur labeauté d'un des deux sexes. Un beau jeune homme de quatorze à dix-huit ans n'est certainement pas plusadmirablequ'une belle fille du même âge.
Homère, du moins, ne le pensait point, car à son époque, Tidée de Tamour véritable n'avait pas encore été faussée par la corruption d'une civilisation trop avancée. Ses descriptions les plus détaillées de la beauté humaine sont toujours consacrées aux femmes, et la manière concise dont il dépeint l'admiration qu'inspire la beauté d'Hélène est un chef-d'œuvre du genre. Si les rapports entre les sexes eussent suivi leur cours naturel dans les époques postérieures à celle d'Homère, on aurait certes obtenu de plus nobles résultats en concentrant sur son objet naturel l'enthousiasme érotique des Grecs pour le beau. Il est aussi à remarquer que la dégradation de la femme, telle qu'elle est professée dans la République de Platon, était inconnue au temps d'Homère, et se développa par l'amour contre
nature, tache indélébile de la civilisation grecque.
Comme on peut bien le penser, les commentateurs qui ont cherché à jeter du jour sur cette question n'ont pas voulu laisser inexpliqués les passages où il s'agit de Tampur des femmes pour les femmes, et ce qui nous reste, entre autres, des poésies de Sapho, a donné lieu, surtout en Allemagne, à une foule d'explications où les plus petites particularités des mœurs privées de la Grèce sont longuement exposées.
Par une singulière contradiction, quand il s'agit des amours de Sapho, les opinions varient, et tandis que quelques auteurs prétendent que la pédérastie a été favorable au développement du goût et du sentiment du beau, ils soutiennent que les tribadeS étaient plus rares, et que ce vice imprimait un caractère honteux sur celles qui s'y adonnaient. Parmi toutes les femmes grecques de cette catégorie, Sapho étant la plus gravement accusée, c'est donc ce type qu'ils s'efforcent de réhabiliter.
Bernhardy, Bode, Richter, K. O., Millier, et surtout Welcker, en font presque une femme de mœurs pures, malgré les nombreuses preuves du contraire.
Voyons d'abord qu'elle était Topinion des Grecs sur l'amour des femmes pour leurpropresexe. Nous examinerons ensuite si Sapho peut être justifiée.
Les moralistes et philosophes delà Grèce, tout en admettant comme légitime l'affection sensuelle dessexesentre eux, voulaient cependant qu'en s'abandonnant à cette pas- . sion on ne cédât ni à des motifs sordides, ni à des excès dégénérant en débauche. Le plaisir de la jouissance matérielle ne devait pas être seul la cause de ces rapports intimes. Platon prescrit comme un des éléments essentiels de cette sorte d amour la fascination de l'intelligence et du génie, jointe à celle de la beauté physique ; un sentiment réciproque et désintéressé, ne prenant pas son unique source dans la volupté, mais dans une sympathie d'un ordre plus élevé et plus intellectuel. C'est ce qui donne, dans son opinion, de la dignité A l'amour d'un homme pour un autre.
Nombre de passages prouvent que les anciens ne regardaient pas Tamour des femmes entre elles comme plus répréhensible que la pédérastie. Anacréon , dans une de ses Odes, se plaint amèrement qu'une de ses maîtresses lesbiennes Tait abandonné par amour pour une autre femme.
Au lieu de blâmer sa maîtresse d'une liaison aussi honteuse, il ne trouve dans sa colère d'autres reproches que ceux employés par un amant délaissé pour un rival plus heureux.
Maxime de Tyr (Dissert. XXIV) met sur la même ligne la passion de Sapho pour son sexe que celle d'Anacréon et de Socrate pour le leur: L'Eros de la Lesbienne Sapho n'était autre chose que l'amour socratique... Tous deux sont captivés par toute espèce de beauté, et ce qu'Alcibiade et Charmides étaient pour Socrate, Gyrinna et Athis Tétaient pour Sapho. L'amour d'Anacréon était du même genre; lui aussi aimait tout ce qui était beau et jeune, homme ou femme; Ses pages sont remplies d'éloges sur la chevelure de Smerdis, sur les yeux bril-
- ly —
" lants de Cléobule et sur les grâces du " jeune Bathylle. "
Les commentaires anciens, en parlant des fragments érotiques de Sapho, n'ont jamais exprimé de blâme sur la passion de cette Lesbienne pour ses amies. Longin, dans ses remarques sur l'ode si chaleureuse à la belle Athis, s'exprime en termes élogieux sur ripwTt/w/i ^avta du poète ; or, nous avons vu plus haut quel sens les Grecs attachaient toujours au mot Eros,
Voyons maintenant si les autorités anciennes ne justifient pas entièrement l'opinion commune que Sapho était considérée comme adonnée à un haut degré aux passions sensuelles avec les deux sexes.
On se rappelle l'anecdote de Plutarque où il raconte que le médecin Erasistrate découvre l'amour d'Antiochus pour Stratonice en lisant devant lui, en présence de celle-ci, l'ode adressée par Sapho à son amie Athis. Par suite, la possession de Stratonice par son amant est jugée nécessaire pour guérir le malade. Il est clair que,
par cet exemple, Plutarque veut faire voir les rapports qu'il y avait entre Tamour de Sapho pour Athis et l'amour d'un homme pour une femme dont il brûle de jouir.
On a prétendu que Sapho avait été mariée et que son amour pour Phaon est une fiction poétique.
Mais Horace et Ovide l'appellent constamment la jeune fille de Lesbos, Lesbi puelltx, et le dernier de ces poètes, dans sa lettre de Sapho à Phaon, qui renferme presque tous les détails que nous possédions sur le compte de cette femme célèbre, détails puisés dans des documents à jamais perdus pour nous, ne fait pas la moindre mention ni du mariage, ni du père de la fille de Sapho, ni du prétendu veuvage.
Ailleurs (Trist., II, 265) ne dit-il pas, au contraire :
Lesbia quid docuit Sappho nisi amare puellas?
Dans des fragments des comiques grecs, elle est accusée du même vice, et Suidas
parle comme d'un fait généralement admis qu'elle avait de coupables rapports avec les Lesbiennes ses amies.
Enfin, de Taveu même de ses défenseurs, tout ce qui nous reste de Sapho respire Tamour le plus sensuel et le plus lascif. C'est ce qui a fait dire à William Mure, dans son Histoire de la littérature grecque, publiée en 1850, en citant une de ces odes : " It is one which in te whole volume of " greek literature offers the most powerful concentration into one brilliant focus of the modes in which amorous concupis- " cence can display itself on the human " frame. "
Mais à quoi sert d'accumuler les preuves? Est-il probable, est-il possible de croire, d'après ce que nous connaissons des mœurs de la Grèce, qu'une Lesbienne, très évidemment d'un tempérament très-chaleureux, soit restée pure au milieu d'une population où il fallut inventer des mots nouveaux pour des actes jusqu'alors inconnus, et que Rome, à son plus haut point de dépravation, sous les empereurs, ne
traduisit pas même en latin. Le Thésaurus éroticus linguœ latincBy par l'inspecteur des études, M. Noël {a)y qui cependant est assez complet, ne donne ni tribassare (i), ni siphniassare (2), ni phœnicissare (3), ni phicidissare (4) ni une foule d'autres qu'on n'essaya pas même de traduire, tels que : ^eo-êtÇstv, avcJ'ptÇoptat, etc., etc. Au milieu de ce dérèglement général, une femme poète compose les vers les plus érotiques que la Grèce nous ait transmis. Elle est native de Lesbos, île fameuse par ses débordements en tout genre ; vingt témoignages anciens nous représentent Sapho comme
(1) TptGoyo-av. Mulieres quœ utuntur priapulis e corio confectis.
(2) 2ta)vtà(^£tv. Ad podicis pruriginem rcstinguendam Siphnii (incolje inbulœ Siphnos, hodie Sifanto, una ex Cycladibus) hoc moris habebant, ut digito podicem foderent, unde nomen novi hujus generis libidinis.
(3) 4>otvatǣtv. Phsenicissantes labra rubicunda sibi reddebantad fellandum. Lesbiassantes autem alba semine labra habebant, quum turpitudo per os peragebatur.
Phœnicissare proprie exprimit cunnilingere in tempore menstruum, quia hoc vitium in Phaenicia generaliter valebat.
(4) Vide Suetonium. Dénotât illum verbum actum per canes commissum quando lambent cunnos vel testicules.
s'abandonnant à des amours effrénées, et après cela des scoliastes modernes viennent nous dire que ce poète était une femme vertueuse! Il faudait bien de la crédulité pour les en croire sur parole.
Les détails des mœurs qu on vient de lire nous montrent que ce qui est raconté dans XAlcibiade fanciullo n'est pas une complète fiction, et que l'auteur, quel qu'il soit (car nous n'avons pu le découvrir) (d), a traité la question d'après les éléments que l'on trouve dans les écrits des philosophes les plus respectés.
Charles Nodier, en parlant de YAlcibiade, édition de 1652, petit in-8% dit que c'est un des livres les plus rares que l'on connaisse. Cet ouvrage a été faussement attribué à P. Arétin.
On a fait, sous la même date, une réimpression petit in-i2, de forme un peu allongée. La première édition a 102 pages chiffrées, y compris trois feuillets préliminaires, et à la fin un feuillet non chiffré contenant le sonnet de M. V.
La seconde édition a 124 pages, plus deux feuillets contenant les sonnets de M.V.
Le petit livre assez rare intitulé A matus fornacius, Amator ineptus ^ (Palladii 1633), petit in- 12, contient, disent la plupart des bibliographes, le texte original, ou du moins une imitation de \ Alcibiade italien, mais il ne faut jamais juger sans voir, ni jurer sur la parole d'autrui. Nous avons eu la patience de lire d'un bout à l'autre l'insipide ouvrage de y4 etc. , espèce de traité de plate philosophie, qui ne conclut rien, et ne contient qu'un récit embrouillé, sans commencement ni fin. Il est écrit en latin lourd et sans élégance, et ne présente pas le moindre rapport avec \ Alcibiade,
Ce dernier opuscule, n'étant pas divisé en chapitres, n'est guère susceptible d'analyse; qu'il suffise de dire que la discussion entre le précepteur et son élève roule tout entière sur les avantages que présente l'amour dans le sens que nous avons vu les philosophes grecs donner à ce mot.
On ne connait que trois exemplaires de la première édition : le premier est à la Bibliothèque impériale ; le second se trouve dans la bibliothèque de Grenoble, et le troisième a passé successivement aux ventes Mac- Carthy (301 fr.), Pixérécourt (198 fr.) Nodier (400 fr.) et Bolle (380 fr.).
La seconde édition est aussi fort rare. Un exemplaire non rogné a été vendu 257 fr. à la vente Libri, en 1847. Il en existait un exemplaire au Musée britannique de Londres ; mais on ne le retrouve • plus.
Il est dit à la fin de l'ouvrage que Fauteur se propose de donner une seconde partie, où il racontera piit lascivamente la continuation des amours du professeur philosophe. Nous ne croyons pas que cette , seconde partie ait jamais été composée (i).
Enfin, pour finir, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de donner à nos lecteurs, une notice spéciale sur tout ce que Ton connaît concernant ce livre aussi rare que curieux et véritablement intéressant .
(I) Cette partie qui devait être intitulé : Le Triompht d'AlcibiadCy n'a jamais paru. {Note de V Éditeur.)