TROISIÈME PARTIE
redoublez en moi le sentiment de cette indignité; que je n'oublie jamais que c% don de captiver la bienveillance que vous m'avez donné, est un don gratuit de votre bonté, sans aucun mérite de ma part, sans que j'aie le moindre droit. Seigneur, accordez-moi l'humilité entière et parfaite, et l'abnégation de moi-même, qui convient à la servante d'un Dieu crucifié.
<i Dans le monde vous aurez bien des tribulations à souffrir, mais ayez bon courage, car j'ai vaincu le monde.» Saint Jean, XVI, 33.
Comme fils de l'homme, N. S. a vaincu le prince de ce monde, Satan. H est cette semence de la femme qui devait écraser la tête du serpent. En lui et avec lui tous les élus comme membres de son corps, participent dans le passé et dans l'avenir à son triomphe. Chacun en particulier doit faire ses efforts pour combattre le monde et le vaincre dans la mesure des forces qui lui sont accordées. Demandons donc instamment à notre grand capitaine de nous munir des armes nécessaires à ces combats à outrance. Ces armes sont la patience, la persévérance et l'humilité. Gardons-nous, nous autres femmes surtout, d'en chercher d'autres. Celles de l'éloquence, de l'inspiration, de la vaillance éclatante ne manqueront pas à ceux que le Dieu des armées a choisis comme chefs de ses forces spirituelles. Mais à ces chefs il faut des soldats disciplinés et fidèles qui se laissent percer en souriant de mille dards, qui montent à la
brèche sans crainte et sans hésitation, et qui savent mourir pour la bonne cause ^n silence, n'attendant pas de récompense pour leur humble et modeste dévouement. Cette troupe obéissante jusqu'à la mort, c'est nous; et soyons fières d avoir été dignes de marcher sous une telle bannière.
\ ous que nous avons perdus, vous que nous aimons plus encore maintenant que nous sommes privées de votre douce présence, que quand vous étiez là pour nous entendre et répondi'e à notre amour 1 ces soupirs et les gémissements que nous poussons vers vous, parviennent-ils à la région inconnue où vous attendez le moment de notre réunion? Cette réunion, la désirezvous comme nous la désirons, ou bien, impassibles dans votre sommeil, n'avez-vous que de doux rêves et des anticipations bien heureuses de cet avenir? Dormezvous, veillez-vous dans ces lieux où toutes larmes sont essuyées, où aucune passion humaine n'a le pouvoir de vous troubler? Nous avons foi en vous, vous qui avez dépassé les limites du temps, vous qui avez franchi la grande épreuve de la mort, et qui nous attendez dans une de ces demeures de notre père commun, promises à notre foi par notre Frère et notre Sauveur. Nous prions pour vous, priez aussi pour nous. Intercédez devant le siège suprême, afin que le moment solennel qui doit rompre nos liens terrestres soit pour notre âme un moment de joie et de liberté, et non d epou-