TROISIÈME PARTIE
vante et d'esclavage dont les chaînes sont des flammes et la prison un lieu d'éternelles ténèbres.
D'où vient que les prières sont rarement exaucées, quand pourtant l'objet que nous demandons nous parait juste? Parce que nous demandons un objets et qu'en l'obtenant, qui nous dit que nous n'aurions lésé d'autres droits aussi légitimes que les nôtres? En demandant la pluie pour notre petit coin, qui nous dit que le coin voisin n'a pas besoin du beau fixe ? En demandant même la prospérité de nos proches, qui sait si cette prospérité ne serait pas l'adversité d'un autre, ou qu'elle ne soit une pierre d'achoppement, un obstacle à la perfection de celui pour lequel nous la demandons ? Peu d'hommes savent supporter la prospérité; il y en a peu qui ne profitent de l'adversité. Prions donc, mais bornons-nous à l'abstrait. Remettons nos besoins et ceux de nos proches à la miséricorde divine, sans les préciser autrement que par cette prière céleste où nous invoquons par le nom de Père notre Dieu et notre Souverain.
Conversion de Saint Paul.
L'excès de la lumière aveugle, et produit par conséquent le même effet que les ténèbres. Voilà pourquoi la lumière étemelle est obligée de se voiler pour s'adapter à la faiblesse de nos organes: témoin la Transfiguration, ce passage de la gloire de Dieu devant Moïse, la cécité
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de saint Paul, et tant d'autres exemples. La vérité absolue est à l'esprit borné de l'homme ce que cette lumière est à ses yeux; aussi est-elle obligée de se recouvrir du voile des symboles, et de ne se manifester que par signes et paraboles, pour se faire comprendre aux intelligences obtuses de la multitude. Ces. symboles et ces paraboles frappent différemment l'entendement des individus dans le degré de leur savoir ou de leur pureté. C'est toujours pourtant la même vérité, comme c'est la même lumière, qu'elle nous parvienne adoucie par le rideau vert des foYêts ou qu'elle nous inonde de ses flots radieux sans ombre ni intermédiaire. La source en est toujours cette gloire de Dieu qui n'emprunte son éclat que d'elle-même, et qui n'a besoin, pour se manifester, ni du soleil, ni de la lune, de rien de ce qu'elle a créé, de rien qui ne soit immuable comme elle-même.
Heureux ceux à qui la foi tient lieu de science et de démonstration, car si la plupart croient sans comprendra, beaucoup comprennent sans croire. Or, la science sans la foi, c'est un corps sans vie, un vêtement inutile trop orné pour l'usage journalier, et qui, après avoir paré un instant celui qui l'a chèrement acquis, est relégué dans quelque armoire et rongé ensuite par la moisissure.
* * L'excès de la lumière aveugle et produit par censé-