LA SCIKNCK ET LA FOL
C'est îi quoi tout chrétien devrait s exercer sa vie durant. La conscience doit être exercée comme toute faculté du cœur et de l'esprit. Elle tient de tous les deux, et si on ne l'exerce, elle s'engourdit comme la mémoire et perd sa susceptibilité comme la compassion, la consomption ou toute autre vertu du cœur. La conscience doit être cultivée avec soin et amour. C'est une plante exotique; sa patrie, ce sont les hautes régions de l'âme, et nous voyons combien elle peut dégénérer dans las basses religions de la matérialité. Le sauvage a aussi sa conscience; mais combien elle est différente de celle de Thomme policé. Chaque race d'hommes, dans son état naturel , l'a différente. Pour Tun le vol est un crime, pour l'autre une vertu, ou du moins un acte indifférent. L'un assassine de sang-froid son semblable, et craint de tuer une mouche. Pour les uns, pourvoir aux besoins de leurs parents dans leur vieillesse est un devoir sacré; pour les autres leur ùter la vie ou les exposer dans leur grand âge au bord de quelque fleuve sacré, pour être emportés par son courant ou dévorés par les crocodiles, est le comble de la vertu. Les uns n'ont pas d'amour, pas assez de sollicitude, assez de soins pour leurs enfants; les autres, à la première nécessité, les exposent à la charité des passants ou à Vappétit des animaux féroces, sans un remords. Qu est-ce donc que la conscience, et où faut-il la chercher? Dans la connaissance du Dieu des chrétiens et dans la praticiue de ses préceptes. Au christianisme seul appartient d'acclimater cette plante du ciel dans le cœur de l'homme. Lui seul peut lui fournir des règles générales et la soumettre à une discipline juste; car
lui seul est pourvu d'une seule loi , d'une seule justice et d'une seule vérité pour tous. Pauvre ou riche, puissant ou humble, petit ou grand, chaque chrétien a TobUgation de travailler à conserver sa conscience exempte de toute offense envers Dieu et les hommes.
DIF7ÉBENCE ENTBE LA JUSTICE DIVUŒ ET LA JUSTICE HUMAINE.
Comme la bonté et la miséricorde de Dieu dépassent celles des hommes, ainsi sa justice ne peut se comparer à leur justice. Le jugement des hommes n'est nécessairement basé que sur des apparences. Les plus perspicaces, les plus profonds, n'ont que des données et non des faits; les idées ou les actions des hommes ne sont que le résultat d'autres idées et d'autres actions qui nous échappent. Avec les intentions les plus pures, le juge mortel ne peut remonter au delà de son intelligence; il ne peut juger que d'après sa propre expérience, ne peut analyser que ce qu'il comprend. Celui seul «qui sonde les cœurs et les reins», qui nous connaissait quand nous n'existions pas encore pour le monde, qui nous a tirés du néant où nous étions ensevelis, qui a sauvé le germe que lui-même a créé dans toutes les phases du genre et de l'individu. Celui-là seul peut apprécier quelle est la punition due aux péchés commis par notre volonté, quelle indulgence réclament ceux qui sont inhérents à notre espèce.
LOIS GÉNÉRALES DE LA JUSTICE DIVLNE etc. 497