‹ Un Précurseur du Collectivisme: Simon GrangerChapitre 4 sur 34 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

CAE

De EU

à sa (du marchand) discrétion, se trouvent doublement lésés : d’abord ils subissent une dépréciation sur les produits qu’ils fabriquent pour ce spéculateur, ensuite ils fournissent une plus-value pour ceux qu’ils se procurent chez ce même spéculateur. C’est une double perte qu’ils éprouvent. Chose étrange ! Tandis que le commerce frappe le pauvre d’une double contribution, le riche lui, n’en supporte qu’une seule. Celui-ci, en effet, ne fournissant au commerce aucun produit de son travail, n’a de perte à subir que sur la plus-value des objets qu’il achète pour sa consommation. Ce n’est pas tout : la perte même qu’il fait sous ce rapport est beaucoup moindre que celle que supporte le pauvre. Tout le monde sait que, dans ses acquisitions en gros, le riche obtient les avantages refusés à la vente au détail, et que les marchandises de qualité inférieure, seules accessibles au pauvre, reviennent toujours plus cher que celles de qualité supérieure. Voilà donc trois sortes de pertes qui sont inconnues au riche, et auxquelles le pauvre ne peut échapper : perte sur le prix des acquisitions que celui-ci fait au détail, perte sur la qualité des objets auxquels se restreint sa consommation, et par dessus tout, perte sur la valeur des produits qu’il fournit de son travail » (6).

Ainsi, tandis que chez Marx la plus-value coïncide avec le travail non payé, dont elle n’est que la représenta-

(6) « L’Evangile devant le Siècle » p. 92.

Page 1