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une partie de ce qui leur appartient » (3). Granger paraît d’ailleurs incliner à croire, préparant les assises du postulat erroné sur lequel Marx construira la théorie de la plus value, que n’est pas un travail, au sens juste du mot, celui de l'entrepreneur, du patron. « Les produits, écrit-il, doivent appartenir tout entiers aux seuls travailleurs sérieux, et il est souverainement injuste d'en attribuer une part quelconque aux oisifs, sous prétexte qu’ils se trouvent détenteurs des instruments de travail. » (4).
« Si c’est comme ayant vendu à ses débiteurs la faculté d'exercer leur industrie, comme ayant tiré profit de leur travail, que le capitaliste est appelé voleur et assassin. il en faudra dire tout autant du fabricant et de tout entrepreneur de travaux dont les bénéfices sont nécessairement pris sur les produits fournis par leurs ouvriers. » (5).
En cette phrase se trouve toute la conclusion de la laborieuse théorie marxiste du « travail non payé ». Granger seulement n’a pas cru devoir s’évertuer à prouver l’évidence, car il est bien certain que l'entrepreneur ne peut retirer le profit que du travail de ses ouvriers, des instruments qu’il met à leur disposition, et de la manière dont il les dirige. -
Toute la question est de savoir si ce labeur de direction,
(3) « A chacun selon son Travail » p. 30.
(4) « L’Evangile devant le Siècle » p. 72.
(5) « L’Evangile devant le Siècle » p. 73.
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sans lequel la production se réduirait à une série d'efforts désordonnés et inféconds, comporte une rémunération, et si en outre, il est équitable que perçoivent un loyer les individus, souvent les petites gens porteurs de quelque action anonyme, qui se sont privés des capitaux que l’entrepreneur a transformés en machines. Sur ce dernier point, Granger nous donnera plus loin son opinion.
Marx a considéré somme toute que la spoliation du travailleur s’accomplissait d’une manière unique, par le paiement d’une portion seulement de son travail. L’analyse de Granger est plus nuancée.
Il paraît d’abord assimiler l’entrepreneur au marchand, car c’est sur celui-ci surtout, dont il fait l’intermédiaire obligé entre le producteur et le consommateur, que se déverse son courroux. :
Le marchand accomplit un double vol : il ne paie au producteur qu’une partie de ce qu’il lui doit réellement, et vend au consommateur plus cher qu’il ne le devrait. L’ouvrier qui a des bras pour travailler et une bouche pour se nourrir est donc volé deux fois, tandis que le riche oisif ne l’est qu’une fois, à la consommation.
Le pauvre est même spolié une troisième fois, car tandis que le riche peut, grâce à l’achat en gros, se procurer les divers biens à des prix qui approchent de leur valeur vraie, les moyens modestes du travailleur lui interdisent l'emploi de ce remède : '
« ….Les travailleurs que leur manque de capitaux livre