INTRODUCTION VII
naïvement comme le successeur de Descartes et de Newton, veut ruiner le déisme en expliquant le monde par la loi de la gravitation. Puis il fait la même tentative pour la science de l'homme, pour la physiologie unie à la psychologie, afin d'en tirer, comme une conséquence naturelle, les règles de la morale privée ou publique. Mais bientôt notre philosophe est plus pressé d'aboutir ; la grande crise de 1814 et de 1815 le décide à s'attaquer à la politique proprement dite; la rénovation sociale, au lieu d'attendre l'achèvement de la rénovation scientifique, doit marcher de front avec elle. Après un instant d'enthousiasme pour le régime parlementaire, c'est à l'industrie que Saint-Simon demande la solution des problèmes contemporains : c'est le système industriel que l'ardent novateur s'efforce de faire accepter par le roi et les ministres, parles patrons et les ouvriers. 11 y est resté fidèle jusqu'à sa mort, mais en y introduisant peu à peu un esprit nouveau. A l'origine, son objet principal était d'assurer la prédominance des chefs de l'industrie sur la classe féodale ; plus tard, il veut que l'industrialisme soil vivifié par la fraternité. La société future se proposera surtout d'améliorer le sort des travailleurs et adoptera une religion pliilan-