‹ Un précurseur du socialismeChapitre 4 sur 24 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

un gentilhomme, comme un descendant des comtes de Vermandois, comme un héritier de la plume du duc de Saint-Simon'. » Notre philosophe prétend même, pour justifier sa paresse, qu'on ne peut être à la fois grand penseur et bon écrivain. Cette habitude de rédiger et de publier rapidement lui paraît avoir des avantages ; elle met les hommes instruits au courant d'une opinion neuve et leur permet d'y réfléchir, de la discuter ; elle rend possible une collaboration entre l'auteuretses lecteurs. Maintes fois Saint-Simon prie ces derniers de lui adresser leurs observations et leurs critiques ; la plupart de ses ouvrages ne devaient être, dans sa pensée, que des correspondances.

Son plus vif désir fut de créer un véritable atelier philosophique et scientifique. Dans toute collaboration il y a un chef qui s'impose par son ascendant naturel aux autres travailleurs. Saint-Simon fut ce chef; il excellait à découvrir les hommes de valeur, à les enrôler dans sa troupe. Quelquefois même ses choix furent trop parfaits, ses auxiliaires se trouvèrent être des esprits trop vigoureux pour accepter longtemps une direction étrangère; c'était le cas d'Augus-

1 Œuvres choisies, t. I, p. 60.

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