‹ Un précurseur du socialisme: Saint-Simon et son œuvreChapitre 12 sur 23 · LE MÉMOIRE SUR LA SCIENCE DE l'hOMME · texte numérisé non relu

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ciens et des péripatéticiens, ou mieux des prioriciens et des poster ioriciens^ se sont tous deux réclamés de Socrate ; cela prouve qu'il avait également compris les deux méthodes. La tendance académicienne a dominé le monde pendant onze cents ans, depuis Platon jusqu'à Âlmamoun;puis^ sous rinfluence des Arabes traducteurs d'Aristote, la tendance péripatéticienne a triomphé à son tour pendant onze cents ans, du vui" au xix" siècle.

Revenons à notre tableau historique. Le neuvième terme, c'est l'époque romaine. LesRomain& ont organisé le théisme de Socrate et fondé le droit public; voilà leurs deux grands titres à la reconnaissance du monde. La transition du polythéisme au théisme causa une crise de plusieurs siècles, semblable à celle que traverse maintenant l'humanité pour passer du système théologique au système positif. Avec le dixième terme apparaissent les Sarrasins ; fondateurs de l'algèbre» instituteurs de l'Europe, ils méritent une place considérable dans l'histoire; de grands esprits» comme Volney, les ont complètement méconnus.

Le onzième terme commence à Charlemagne. Ce grand empereur a organisé la Société européenne ; au-dessus des divisions nationales il a réalisé l'union par le pouvoir spirituel, et, comme ce pouvoir doit être indépendant des puissances temporelles, Charlemagne a décidé que Rome n'appartiendrait qu'au pape. La société européenne

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subsiste depuis lors, mais sans avoir fait faire à rhumanité un grand pas en avant, comme les Égyptiens, les Grecs, les Romains, les Sarrasins. Qu'elle le fasse donc, par la réorganisation du système scientifique substitué au système théologique. Ce sera le douzième terme, ce sera l'avenir. Tel est le tableau d'ensemble tracé par Saint- Simon. Chemin faisant, il sème les idées ingénieuses, les aperçus nouveaux. Pour lui<, l'histoire de l'humanité se ramène à celle de la science générale, de la philosophie. Le système scientifique sert de base au système religieux, ou plutôt il se confond avec lui ; la religion n'est que la science générale, revêtue d'une forme sainte pour s'offrir à l'adoration des peuples. Et le système religieux produit le système politique ; la religion précède la société politique et la forme à son image. L'Olympe d'Homère est une république de dieux : les Grecs établissent des républiques. Delphes engendre l'unité hellénique ; Delphes tombée, la Macédoine triomphe. Les Romains se seraient laissés entièrement pénétrer par la culture grecque si leur vénération pour les dieux lares ne les avait pas affranchis. « L'institution religieuse, sous quelque aspect qu'on l'envisage, est la principale institution politique. »

C'est aux Anglais que Saint-Simon fait la plus curieuse application de cette idée, en mêlant ses théories scientifiques à ses passions françaises.

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Les Anglais peuvent se comparer justement aux Romains : tant qu'ils avaient la même religion que le reste de l'Europe, leur ambition fut modérée ; le jour où la Réforme leur donna une religion nationale, l'anglicanisme, ce jour-là naquit le sentiment patriotique ardent, égoïste, exclusif, qui les caractérise. Séparés du monde par leur foi, ils veulent le dominer; sur mer, tous les pavillons doivent s'abaisser devant le leur. Ayant juré de soumettre l'Europe, « ils finiront par y parvenir si les Européens ne les forcent pas de se rattacher à eux par une institution générale commune* ».

L'histoire obéit donc à une loi générale et non à de petites causes insignifiantes-. Cette loi suprême de notre espèce est historique et non géographique, en dépit de Montesquieu; sa théorie des climats est empreinte d'une exagération évidente. Ce qui fait le caractère des grands peuples, c'est-à-dire le sérieux, la sévérité dans les mœurs, s'est trouvé successivement dans toutes les régions, sous toutes les latitudes. Les Romains,

1 Ce passage explique pourquoi Sainl-SimoD, désirant user l'aU tentioQ de I*Empereur, a duané à son mémoire ce sous* titre : « Moyen de forcer les A.nglais à reconnaître ^indépendance dés pavillons. )>

2 « Beaucoup de personnes doivent aimer la lecture de Touvrage qui a pour titre : Les grands événements par les petites causes, et cependant cet ouvrage n'a été, n^a pu être que le développement d^uoe conception essentiellement vicieuse, puisque tout effet est nécessairement proportionné à sa cause. » Œuvres, XL, p. 160.

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qui dominèrent le monde, fournissent aujourd'hui à la comédie ses Pantalons et ses Arlequins ; les Grecs ne sont plus qu'un peuple grossier. La vraie loi, c'est celle du progrès. Mais Saint-Simon, avec une remarquable perspicacité, constate qu'elle ne s'applique point aux beaux-arts. Ceux-ci n'atteindront jamais au même éclat que chez les Grecs. Pour eux la poésie était une fonction sacrée, les poètes servaient de législateurs; aujourd'hui leur unique rôle est d'amuser en passant. Les grands hommes se consacrent toujours à l'étude qui leur paraît la plus élevée, la plus glorieuse ; à Athènes ils se portaientvers l'art ou la poésie, aujourd'hui vers les sciences. Un simple détail montre ce changement : en Grèce, les plus nobles familles étaient fières d'offrir leurs filles comme modèles aux peintres et aux sculpteurs ; chez nous, la profession de modèle est déshonorante.

Ce tableau du passé doit fournir des conclusions pour l'avenir et le présent; au lieu d'étudier le passé, le présent et l'avenir, on doit examiner le présent en dernier lieu; quand de la connaissance du passé on aura déduit ce que nous réserve l'avenir, il sera possible de raisonner sur le présent d'une manière juste et sans passion. Cette marche exige un long travail, mais, si le nombre de ceux qui dissertent sur la politique se trouve ainsi diminué, ce sera un bien. Appliquée au temps actuel, cette méthode nous montre que nous raar-

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chons à un système nouveau, le système positif, et qu'en attendant nous sommes dans une époque de transition, de crise.

Cette crise a commencé avec Luther; c'est lui qui a porté les premiers coups à la société européenne du moyen âge. On a exagéré la grandeur et le rôle de Luther * ; les Français, restés catholiques, sont aussi avancés que les peuples convertis au protestantisme. La Réforme eut pour premier effet de rajeunir le déisme, qui sans elle serait tombé plus vite ; Léon X, le protecteur éclairé des arts, mérite plus de sympathie que son adversaire. Néanmoins c'est Luther qui a commencé l'attaque; puis les grands savants, Copernic et Galilée, enlevèrent à notre planète sa prééminence; les grands philosophes, Bacon et Descartes, opposèrent la raison à la théologie ; les grands orateurs, comme Bossuet, préparèrent l'égalité sur la terre en affirmant qu'elle existait dans le ciel. Les encyclopédistes ont achevé ce travail de destruction. L'ancien système a perdu son caractère scientifique depuis Copernic, son caractère religieux depuis Bayle, son caractère politique depuis que Napoléon a repris Rome au pape. Il ne lui reste plus qu'à disparaître 2.

i Celle critique s'adresse au livre de Villers, Essai sur l'esprit et l'influence de la réformation de Luther, 1803.

s Saiot-SimoD poursuit son coup d'oeil sur Tavenir jusqu'au jour cil la planète, arrivée à la dessiccation complète, ne sera plus habitable pour Tespèce humaine.

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Dans son ardeur à préparer la société nouvelle, Saint-Simon se plaint que la crise soit prolongée par des hommes intelligents qui, sous prétexte de maintenir l'ordre, refusent de renverser le système théologique tout en n'y croyant plus. C'est ce qu'on voyait à Rome quand le polythéisme commençait à déchoir. Cicéron disait que deux augures ne pouvaient se regarder sans rire; et pourtant, d'après le même Cicéron, la politique et le patriotisme ordonnent de respecter le culte existant. Il a échoué dans sa tentative, comme échoueront ses imitateurs. « Le seul moyen pour nous de sortir du bourbier est d'aller en avant. » La réforme doit se faire le plus tôt possible, en prenant pour fondement la loi de la gravitation.

En 1813 comme en 1808, c'est à l'Empereur que Saint-Simon demande de réaliser le système définitif ; mais le ton a changé, l'enthousiasme des années précédentes a disparu. Le philosophe, tout en proclamant encore la grandeur de Napoléon, lui adresse d'impérieuses exhortations * : il faut renoncer au protectorat de la Confédération du Rhin, au pouvoir sur l'Italie, la Hollande, l'Espagne, et se renfermer dans les limites naturelles du pays. « Sinon, dit-il. Votre Majesté fera écraser la France et se trouvera, en définitive, en opposition directe et absolue avec les intentions de ses sujets. » 11 fallait du courage pour s'expri-

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mer ainsi en 1813 ; c'est un signe de l'esprit d'opposition qui se réveillait après Moscou, avant Leipzig ^ Mais avec quelle naïveté Saint-Simon présente, au milieu du bniit des armes, son plan de concours entre les théoriciens ! Que Napoléon, dit-il, fonde un prix de 25 millions pour l'auteur du meilleur projet de réorganisation de la société européenne; tous les mémoires devront être déposés avant le 1" décembre 1813. II. y aura trois copies de chacun, une pour Napoléon et deux pour François II d'Autriche et le prince régent d'Angleterre, qui seront invités à former le jury avec lui; s'ils refusent, l'empereur jugera seul. €'est là un de ces bizarres projets d'application immédiate par lesquels Saint-Simon a compromis ses idées les plus justes; cependant il se défend de présenter, comme l'abbé de Saint-Pierre, un simple rêve philosophique, et il conclut : « Imprimer à la politique un caractère positif est l'objet de mon ambition. » Saint-Simon, pour sa part, veut aider à ce progrès en rédigeant trois mémoires. Le premier exposera une fois de plus l'importance égale des deux méthodes a priori et a posteriori^ en ven-

^ Legoiiix, défenseur de Saint-Simon lors du procès du 20 mars 1820, rapporte dans son plaidoyer que, sous TËmpire, le philosophe adresâa une lettre signée, trè^ sévère, à Napoléon; que la police fit alors une enquête sur lui, et le vit demeurer à T^cart de toute intrigue : « Bonaparte ordonna que son obscurité fût respectée. » C'est probablement à la lettre de 1813 que' se rapporte cette anecdote.

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geanl la première des injustes mépris de TEcole * : notre auteur, à ce propos, fait parler Bacon et Socrate sur Tavenir de l'humanité. Le second mémoire présentera parla méthode apriori\^ découverte de Newton. Le troisième fera l'histoire du passé, de l'avenir et du présent de l'espèce humaine. Le philosophe y prendra place entre les deux sectes existantes ; la secte anglo-française abuse de Va posteriori ; la secte allemande combat avec raison cette manie « d'emplir le garde-manger de gibier et de ne jamais se mettre à table », mais elle a tort de prendre l'idée de Dieu comme base du nouveau système ; cette base est la gravitation. Avec ce principe on organisera une morale fondée sur l'expérience, et une politique réglée par un nouveau pouvoir spirituel. Celui-ci, les sociétés savantes de l'Europe peuvent le créer dès maintenant si elles envoient à Rome des délégués qui éliront le nouveau pape de la doctrine scientifique 2.

1 Pn momonl pourtant, en 1810, Saint-Simon avait paru renoncer à la mélliodea f/riori. Disant que Platon, Descartes et Kant la représentent en face d'Aristote, de Bacon et de son prochain successeur, il ajoutait : « Platon, Descartes et Kant ont présenté des spéculations -vagues qui n'ont pas été d'une grande utilité. » Œuvres^ 1, p. 90.

'^ Cette partie est demeurée inachevée.

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Nous avons essayé de mettre un peu d'ordre dans le fouillis que présente le mémoire de 1813 : connaissances nombreuses et mal digérées, rêveries chimériques, idées justes et souvent remarquables, on y trouve de tout. Ce livre marque chez Saint- Simon un moment de transition, le passage des recherches physiques aux travaux sociologiques.

La science de l'univers, qui l'avait occupé d'abord, devait, selon lui, se déduire tout entière de la loi découverte par Newton, mais non comprise par ce savant *. C'est là une conception séduisante, et plus d'un grand esprit s'en est occupé. Auguste Comte en parle dans la première leçon du Cours de philosophie positive ; mais c'est pour dire que la chose lui parait impossible et que Laplace, en essayant de tout ramener à la gravitation, n'a présenté cela que comme un simple jeu philosophique. Les amis de Taine ont rapporté que dans ses derniers jours il cherchait une hypothèse mécanique destinée à expliquer le monde 2;

^ Saint-Simon, ébioui par la loi de la gravitation, avait manifesté son enthousiasme pour Newton dans les Lettres d'un habitant de Genève. Cet enthousiasme s*est changé bientôt en antipathie parce que Newton n'avait pas étendu sa loi aux sciences autres que Tastronomie.

s Boulmy, H, Taine (extrait des Annales de Vécole des sciences politiques^ 1893), p. 5.

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sans doute la gravitation y jouait un rôle K Seulement ces grands philosophes avaient une éducation scientifique sérieuse, et cette prudence qui est le caractère des savants du xix' siècle ; Saint-Simon se laissa entraîner par sa fougue d'homme de 1800, qui ne croyait rien impossible.

Il abandonna bientôt l'astronomie pour la science de rhomme, mais celle-ci non plus ne lui doit aucune découverte. Quand Burdin, en 1798, soutenait que la physiologie n'était pas encore devenue positive, son opinion pouvait se défendre. Mais les choses avaient changé depuis ; de grands physiologistes étaient venus qui, non contents de réunir des faits, quoi qu'en dise Saint-Simon, avaient fondé une doctrine. Cabanis et Bichat, ces deux maîtres tant glorifiés par Comte et Schopenhauer, rendaient inutiles les appels à un Burdin, à un Bougon. Il est singulier que notre philosophe, en les citant, ait accordé la place d'honneur à Vicqd'Azyr au lieu de mettre au premier rang le magistral ouvrage sur les Rapports du physique et du moral. La seule originalité de Saint-Simon est d'avoir voulu introduire également ici la loi de la gravitation. Ne nous empressons pas de crier à la folie ; plus d'un philosophe de nos jours, par

* Reaan, dans sa Lettre à M, Berthelot, remonte jusqu'au moirent où il n'y avait oi astronomie ni chimie, mais seulement la mécu- Dique : « Je ne puis m'empôcher, dit-il, de concevoir la gravitation comme quelque chose d'antérieur aux réactions chimiques. »

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exemple Guyau et Fouillée, n'a-t-il pas exprimé des pensées analogues * ?

Le système de l'attraction fait disparaître celui des tourbillons ; mais notre auteur loue grandement Descartes de l'avoir inventé. Ce culte pour l'auteur du Discours de la Méthode n'était pas chose rare chez les contemporains. D'Alembert, dans le discours préliminaire de l'Encyclopédie^ signalait l'hypothèse des tourbillons comme ayant été utile pour la science, et, pour le dire en passant, des savants de notre temps lui ont rendu quelque valeur 2. Après d'Alembert, Condorcet avait glorifié Descartes ; Marie-Joseph Chénier proposait, en 1793, la translation de ses cendres au Panthéon, et trois ans plus tard l'Institut en corps adressait aux Cinq-Cents une demande semblable. Seulement, notre auteur qui, au nom de Descartes,

1 € La vie est une sorte de ^pam7a/ton sur soi, » Guyau, Esquisse d*une morale sans obligalion ni sanction, p. 18. Mais il faut méditer surtout ce passage : « La biologie entière deviendra, rroyoos- Dous, la recherche du tempérament fondamental de chaque organisme ou partie d'organisme, lequel entraîne son mode spécial d'.tgir et de réagir. Le naturaliste poursuivra partout le rythme vital de ^intégration et de la désintégration, il devra tout interpréter ea termes de changements constructifs et destructifs. Du même coup, la science de la vie se trouvera rattachée aux scieniies plus générales: mécanique, physique, chimie. LUntégration, en effet, a une direction centripète, la désintégration est centrifuge ; Tune est un phénomène de concentration, Pautre d^ezpansion ; on retrouve donc duiiH le rytlime de la vie Tanlilhèse plus générale des forces ceatripuies et des forces centrifuges, qui domine la théorie de Tattractioii universelle, et aussi la théorie de Tafânité. » Fouillée, Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1893, p. 275.

* Faye, Sur l'origine du monde, 1884.

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avait jeté la pierre aux partisans de la méthode d'obseiTation, s'est assagi en 1813 et demande seulement remploi simultané des deux méthodes ^

La partie historique du livre de Saint-Simon est de beaucoup la plus intéressante. Les cartésiens, tout en proclamant la loi du progrès, méprisaient les siècles antérieurs. Condorcet, rectifiant leur doctrine, avait montré dans Thistoire du passé le meilleur guide pour préparer les améliorations futures. Saint-Simon reprend cette idée, mais en modifiant les jugements de son maître. La réhabilitation du moyen âge lui permet de montrer le développement continu et majestueux du progrès humain. Et, tout en affirmant la fausseté du déisme, il en reconnaît la puissance considérable dans la suite des temps. Les religions lui apparaissent comme les résumés des opinions philosophiques et scientifiques de Thumanité; elles s'améliorent et se purifient lentement, comme la philosophie elle-même, sous l'influence des prêtres. Le clergé n'est plus, comme chez les encyclopédistes, une réunion d'habiles charlatans ligués pour duper les masses ignorantes ; c'est la classe avancée de la nation, chargée de guider les hommes et destinée à disparaître dès qu'elle oublie sa tâche. En disant que les religions ex-

^ Pour l*élogo de Descaries, Saint-Simon renvoie au discours du jésuite Guenard en 1755 (réimprimé dans les Tablettes d'un curieux, 1789, 12*).

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pliquent la vie morale et sociale des peuples, Saint-Simon affirme ce que Fustel de Coulanges a démontré. En somme, malgré ses confusions et ses rêveries, le Mémoire sur la science de C homme contient en germe quelques-unes des idées fondamentales du positivisme *.

1 Dans une lettre du 10 novembre 1813, dont nous ne connaissons malheureusement pas le destinataire, Saint-Simon dit à un auteur : «L^emploi le plus honorable comme le plus utile que vous puissiez faire de votre vaste érudition... est d^écrire Tbistoire de Tesprit humain depuis le xv* siècle jusqu^à ce jour » ; et il s'offre comme second dans cette tâche (Collection Charavay).

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