VIII ^ INTRODUCTION
Ihropique, le Nouveau Christianisme, à la place de la religion théologique vieillie qui n'a plus qu'à disparaître.
La carrière intellectuelle de Saint-Simon présente donc une véritable unité. Mais ce penseur avait un esprit capricieux, une intelligence plus propre aux intuitions rapides qu'au lent effort de la réflexion concentrée sur un seul objet; les événements du jour, les personnes de son entourage exerçaient leur influence sur lui.
Voilà pourquoi il a souvent changé d'études, quitté le chemin commencé pour ^n prendre un autre, sans jamais perdre de vue le phare lumineux où il espérait conduire ses contemporains.
Dépourvu de patience dans la méditation, Saint-Simon n'en eut pas davantage dans la composition. Vingt fois il s'est proposé de faire un grand travail bien divisé, bien ordonné; ces beaux projets n'ont jamais abouti qu'à des brochures brèves et confuses. Une idée ingénieuse lui vient-elle, vite l'auteur s'empresse de la jeter sur le papier et de la donner au public.
C'est chez lui insouciance de grand seigneur et dédain pour les minuties du style. « Je présenterai mes idées, dit-il, telles qu'elles ont été forgées par mon esprit; je laisse aux écrivains de profession le soin de les limer: j'écris comme