‹ Un précurseur du socialisme: Saint-Simon et son œuvreChapitre 2 sur 23 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

programme n'est jamais réalisé. Mais si, malgré ces apparences fâcheuses, on se décide à une lecture attentive, le fil conducteur est bientôt trouvé. Saint-Simon voit que Tancien système a disparu et que le nouveau n'existe pasencore. L'ancien système, c'était, dans l'ordre temporel, la féodalité; dans l'ordre spirituel, la théologie avec la domination d'un clergé de théologiens : tout cela tombe en ruines depuis la Révolution- Après avoir renversé, il faut reconstruire; à la révolution doit succéder la réorganisation. Organiser^ voilà le but de Saint-Simon.

Or tout se tient dans la vie de l'humanité, la théorie et la pratique, la science et les lois. Depuis les spéculations désintéressées de l'astronomie jusqu'aux problèmes de la politique, il y a une chaîne continue; c'est chose impossible de modifier les institutions et les mœurs sans avoir changé les connaissances et les opinions. Saint-Simon cherche donc un ensemble d'idées positives^ propres à satisfaire tout ensemble aux besoins intellectuels de l'esprit humain affranchi et aux besoins politiques des nations transformées. Longtemps il a cru nécessaire de créer le système scientifique avant de s'occuper de la réforme sociale. Au commencement il étudie l'astronomie et, se considérant

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naïvement comme le successeur de Descartes et de Newton, veut ruiner le déisme en expliquant le monde par la loi de la gravitation. Puis il fait la même tentative pour la science de .

l'homme, pour la physiologie unie à la psychologie, afin d'en tirer, comme une conséquence naturelle, les règles de la morale privée ou publique. Mais bientôt notre philosophe est plus pressé d'aboutir; la grande crise de 1814 et de 1815 le décide à s'attaquer à la politique proprement dite; la rénovation sociale, au lieu d'attendre l'achèvement de la rénovation scientifique, doit marcher de front avec elle. Apres un instant d'enthousiasme pour le régime parlementaire, c'est à l'industrie que Saint-Simon demande la solution des problèmes contemporains : c'est le système industriel que l'ardent novateur s'efforce de faire accepter par le roi et les ministres, par les patrons et les ouvriers. Il y est resté fidèle jusqu'à sa mort, mais en y introduisant peu à peu un esprit nouveau. A l'origine, son objet principal était d'assurer la prédominance des chefs de l'industrie sur la classe féodale ; plus tard, il veut que l'industrialisme soit vivifié par la fraternité. La société future se proposera surtout d'améliorer le sort des travailleurs et adoptera une reU^vow ^VvAs^xv-

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