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CHAPITRE II

Oberman (1804).

Dans le monde des personnages imaginaires et des types inventés, il existe deux Oberman, celui que Senancour a voulu faire dans son livre et celui que, depuis le commencement de ce siècle, ont refait ou défait des générations de lecteurs. Nous ne nous occupons en ce moment que du premier.

Oberman est-il, dans le sens rigoureux du mot, une fiction ou bien n'y doit- on voir qu'une autobiographie plus ou moins habilement voilée ? C'est ce qu'il importe de connaître et ce que j'essaierai d'éclaircir tout d'abord. J'ai, pour m'aider dans cette recherche et me fournir quelques indications précises, un document unique que la discrétion habituelle de Senancour rend d'autant plus précieux.

Le ~2*2 janvier 1832 paraissait, dans la Revue de Paris, un article de Sainte-Beuve destiné sans doute à préparer le public et à le renseigner en vue d'une réimpression ftOberman, qui eut lieu au mois de mai de l'année suivante. Le jeune critique ne connaissant pas encore M. de Senancour et n'ayant pas osé se présenter dans la paisible et studieuse retraite du solitaire, rue de la Cerisaie, s'était adressé à l'un des meilleurs et des plus fidèles amis du philosophe,

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