INTRODUCTION
L'Italie, dans la première moitié du quinzième siècle, apparaît tout illuminée par la Renaissance : ce n'est pas encore la Renaissance à son plein midi ; c'est la Renaissance à son aube, ayant moins d'éclat peut-être, mais plus de fraîcheur et de grâce, un charme plus délicat et plus pénétrant. Des brumes où il a été comme enveloppé pendant le Moyen âge, le génie de l'antiquité se dégage, radieux, et, dans l'éblouissement de cette apparition, tous adorent ce dieu nouveau qu'ils s'imaginent leur apporter le secret perdu de la beauté et l'émancipation des intelligences. Est-ce bien d'ailleurs pour l'Italie un dieu nouveau? Il lui semble qu'elle se retrouve elle-même dans ce passé latin avec lequel elle n'avait jamais complètement rompu et dont les vestiges couvraient son sol.
Tout la portait alors à s'absorber dans celte pensée unique. Les grandes idées qui l'avaient occupée pendant le Moyen âge ne la touchaient