‹ Un prédicateur populaire dans l'Italie de la RenaissanceChapitre 3 sur 21 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

plus. Le long duel de la Papauté et de l'Empire, où était débattue non seulement l'indépendance d'un peuple, mais celle de la conscience universelle, avait pris fin par la défaite des Hohenstaufen ; l'Empire vaincu avait été rejeté définitivement en Allemagne ; par une coïncidence étrange, la Papauté victorieuse avait été, peu après, réduite, elle aussi, à passer les Alpes, et le discrédit dont la frappait l'exil d'Avignon s'était encore accru par le scandale du grand schisme. Dans cette Italie délivrée des Empereurs et presque déshabituée des Papes, rien ne restait de tout ce qu'avaient évoqué, durant plusieurs siècles, les noms tragiques de Guelfes et de Gibelins. On n'y trouvait guère davantage trace de cette passion de liberté qui avait donné tant de vie, mais une vie si orageuse, aux innombrables républiques de la Péninsule : partout, les populations fatiguées abdiquaient aux mains des tyrans, et s'il y avait encore des intrigues et des conspirations de palais, on eût vainement cherché un forum où subsistât quelque vie publique.

Le culte de l'antiquité retrouvée arrive donc à propos, au commencement du quinzième siècle, pour remplir le vide fait dans l'àme italienne. Ce qui occupe alors les curiosités et fait battre les

Page 1