‹ Un prédicateur populaire dans l'Italie de la RenaissanceChapitre 7 sur 21 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

tiiies, nées, d'une part, du relâchement, d'autre part, d'un esprit de révolte qui frôlait l'hérésie ; les secondes, communes à tous les Ordres religieux : d'abord la peste extraordinairement meurtrière qui, de 1348 à 1350, avait vidé et désorganisé les couvents , ensuite le grand schisme qui , du haut en bas de l'Église, avait ébranlé l'autorité et la discipline. Aussi, la famille franciscaine, qui s'était glorifiée, au treizième siècle, de posséder un saint Antoine de Padoue, un saint Bonaventure, un Alexandre de Halès, un Roger Bacon, un Duns Scot, ne peut offrir, dans le quatorzième siècle, rien de comparable à ces grands noms. Cette stérilité relative rend plus remarquable encore la floraison de sainteté qui éclate soudainement, au commencement du quinzième siècle, dans les couvents d'Italie, et qui produit, coup sur coup , des saints tels que Bernardin de Sienne, Jean de Capistran, Jacques delà Marche, des Bienheureux comme Albert de Sarziano, Bernardin de Feltre, Bernardin da Fossa. Pas plus que leur père, ces dignes fils de saint François d'Assise ne se renferment dans les cloîtres. Bien au contraire, tout embrasés du feu de l'apostolat, ils vont par les villes et parles campagnes, réunissent des foules immenses autour de leurs chaires, que l'on dresse sur les places publi-

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ques à défaut des églises trop étroites, répandent la parole de pénitence, de miséricorde et de paix, et réveillent dans les âmes l'écho trop oublié du sermon sur la Montagne. Rarement prédication populaire eut autant d'activité, d'éclat, d'extraordinaire efficacité. Jamais, en tout cas, elle ne fut plus pure de tout mélange humain, plus dégagée de toute préoccupation de parti, plus exclusivement inspirée par le souci des âmes et le zèle de Dieu.

Il m'a paru qu'il y avait là une face mal connue du Quattrocento, qui méritait d'être mise en lumière. Bernardin de Sienne y tient la place principale. C'est lui le promoteur de cet apostolat, et tous les autres le proclament leur chef et leur modèle. Si son nom, un peu oublié du public profane, n'apparait pas, dans l'histoire générale, entouré du même éclat tragique que celui d'un autre prédicateur de ce siècle, le grand et infortuné Savonarole, si son existence a été beaucoup plus simple, plus unie, il n'en a pas moins été, de son temps, très célèbre, très populaire, et tel fut le prestige unanimement reconnu de sa sainteté, qu'aussitôt mort, l'Italie entière réclama sa canonisation et que, par une faveur réservée à quelques grands saints, le Pape la prononça presque immédiatement. Encore

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