‹ Un prêtre marié: Charles PerraudChapitre 14 sur 39 · A. GRATRY · texte numérisé non relu

A. GRATRY

1% Le 20 janvier, il écrivait à Madame Mériman, la lettre suivante :

Montreux, Canton de Vaud (Suisse).

le 20 janvier 1872.

Fe

1 Oh ! amie et sœur, quelle joie pour moi que votre lettre !

. Sauf un mot que je ne comprends pas, ou n'admets pas.

Vous savez ma plainte perpétuelle depuis

notre séparation.

… Je gémis de ne pas vous avoir rendue sem-

blable à moi ; de ne pas vous avoir inoculé

toutes mes convictions.

Mais grâce à Dieu je vous retrouve. Je

craignais de vous retrouver dure et cassante.

NT IE LS NET TE ME CI PME 17 ù \ LE L

C'est pourquoi depuis près d’un mois j'évitais de vous écrire. Mais, grâce à Dieu, vous voilà he Fille du Ciel.

J'ignorais votre maladie. Hélas ! Hélas L pour moi je puis encore peut-être me guérir, "| mais je n'y compte pas beaucoup. Je souffre + cruellement. où

Mal Vous, j'espère que vous vivrez.

c'est plus vrai que personne ne le sait. Je su et depuis mon enfance, le serviteur fervent, l'ado- : rateur scrupuleux de la Vérité seule, et cela jusqu’à mon dernier jour. Sachez bien cela et € réjouissez-vous. #2 Je sais profondément ce que je fais, et ja 3 dore ma sainte épouse, la Vérité. ÿ:

Je n'ai pas été tué par le côté moral (1). Là. D, j'ai dans la paix, dans la sérénité, dans la” science une force de résistance énorme: Ba chute de la France, au dehors et au-dede m'ont (sic) bien fait mal en effet, mais choses de l'église, je m'y he depuis

et ce A Dieu détruira radicalement.

F4 RATR)

(1) M. Hyacinthe Loyson annotait ainsi cette phr « Je pense qu’en ceci, le Père Gratry se faisait Ses amis se rappellent ce qu'il disait au temps rt courageuses Lettres : Ils me condamneront et j'e # fs rai. » (De la Réforme in D: 56). |

Je vous bénis du fond du cœur. A revoir au ciel, en tous cas (1).

Lorsqu'il eut appris la gravité de l’état dans lequel était tombé le Père Gratry, Charles Perraud accourut auprès de lui. Le 17 jan-

vier, il arrivait à Montreux. Cinq jours plus tard il adressait à M. Frédéric Passy, la lettre suivante (2) :

Le 22 janvier 1872.

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