A. GRATRY
1% Le 20 janvier, il écrivait à Madame Mériman, la lettre suivante :
Montreux, Canton de Vaud (Suisse).
le 20 janvier 1872.
Fe
1 Oh ! amie et sœur, quelle joie pour moi que votre lettre !
. Sauf un mot que je ne comprends pas, ou n'admets pas.
Vous savez ma plainte perpétuelle depuis
notre séparation.
… Je gémis de ne pas vous avoir rendue sem-
blable à moi ; de ne pas vous avoir inoculé
toutes mes convictions.
Mais grâce à Dieu je vous retrouve. Je
craignais de vous retrouver dure et cassante.
NT IE LS NET TE ME CI PME 17 ù \ LE L
C'est pourquoi depuis près d’un mois j'évitais de vous écrire. Mais, grâce à Dieu, vous voilà he Fille du Ciel.
J'ignorais votre maladie. Hélas ! Hélas L pour moi je puis encore peut-être me guérir, "| mais je n'y compte pas beaucoup. Je souffre + cruellement. où
Mal Vous, j'espère que vous vivrez.
c'est plus vrai que personne ne le sait. Je su et depuis mon enfance, le serviteur fervent, l'ado- : rateur scrupuleux de la Vérité seule, et cela jusqu’à mon dernier jour. Sachez bien cela et € réjouissez-vous. #2 Je sais profondément ce que je fais, et ja 3 dore ma sainte épouse, la Vérité. ÿ:
Je n'ai pas été tué par le côté moral (1). Là. D, j'ai dans la paix, dans la sérénité, dans la” science une force de résistance énorme: Ba chute de la France, au dehors et au-dede m'ont (sic) bien fait mal en effet, mais choses de l'église, je m'y he depuis
et ce A Dieu détruira radicalement.
F4 RATR)
(1) M. Hyacinthe Loyson annotait ainsi cette phr « Je pense qu’en ceci, le Père Gratry se faisait Ses amis se rappellent ce qu'il disait au temps rt courageuses Lettres : Ils me condamneront et j'e # fs rai. » (De la Réforme in D: 56). |
Je vous bénis du fond du cœur. A revoir au ciel, en tous cas (1).
Lorsqu'il eut appris la gravité de l’état dans lequel était tombé le Père Gratry, Charles Perraud accourut auprès de lui. Le 17 jan-
vier, il arrivait à Montreux. Cinq jours plus tard il adressait à M. Frédéric Passy, la lettre suivante (2) :
Le 22 janvier 1872.