CHER MONSIEUR
Le P. Gratry auprès duquel je suis venu m'établir depuis quelque temps me charge de vous écrire, et je suis très heureux qu'il veuille bien me confier cette mission.
Quant aux nouvelles que j'ai à vous donner du pauvre malade, elles sont, hélas, aussi tristes que possible.
Chaque jour le mal fait des progrès appréciables : la difficulté d’avaler et de parler augmente : La tumeur ne cesse de grossir, et, sans un miracle, l'issue fatale, et peut-être
(1) Cette lettre a été publiée en partie par M. Hyacinthe Loyson dans son livre : De la Réforme catholique, p. 56. Je reproduis ici la copie qu'il en a prise dans son journal à la date du 17 février 1872.
(2) Lettre inédite.
Va ut Fa
prochaine, est inévitable. Les souffrancés ai. guës ne sont pas continuelles, mais quelle ter- Ÿ rible angoisse morale ! late Jusqu'ici le P. Gratry est vin admirable de résignation, de douceur et de courage. Sa grande et belle intelligence a conservé toute sa lucidité. 11 s'occupe toujours des questions d'idées, et sans l'extrême difficulté qu'il. os éprouve à parler, il faudrait faire avec mi beaucoup de théologie. ( A ce point de vue, il me charge de vor demander quelques explications au sujet de €
savais là- PU et j'ai dû lui avouer que RT é savais rien (a tout.
sieur, en TN au Père le che tôt p sible et en lui envoyant aussi les articles.
L. Veuillot, si vous les possédez. Notre paur malade n'a qe encore perdu tout RE
cette paix surnaturelle dans laquelle il vit et il souffre lui soit conservée jusqu'à la fin.
Croyez, cher Monsieur, à mes sentiments bien affectueux et dévoués.
Cette adresse suffit :
Le R. P. Gratry,
à Vernex-Montreux, Suisse.
P.-S. — Le Père Gratry me charge de vous dire qu’il vient d'achever un petit écrit dans lequel il explique les raisons et surtout la mesure de sa soumission au décret du Concile. 11 avait déjà donné en abrégé ces explications
dans une lettre à M. Legouvé (lequel malheu-
reusement n'a pas voulu consentir à la publi-
cation de cette lettre, sans que j'aie pu deviner
pourquoi). Pour moi qui n'étais pas auprès du P. Gratry, lorsqu'il a envoyé sa lettre à l'archevêque de Paris, je regrette extrèmement qu'il ait commencé par là, tandis qu'il aurait fallu commencer par la publication de l'écrit que je viens de lire depuis peu de jours. Il y a là des précisions et des distinctions d'une très
. grande importance, surtout dans une question où toute nuance a une valeur considérable. On
se tromperait du tout au tout en croyant que le 2: