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Malgré ces défaites, il conservait assez d'illu-
sions pour espérer l'abrogation du célibat
ecclésiastique. Il résolut de composer un mémoire la demandant au Concile du Vatican.
‘Il pensait qu’une telle mesure serait extrême-
ment utile. Sa conviction était si forte, disaitil, qu'en supposant même qu'il dût mourir aussitôt, il n’en aurait pas moins sollicité pour les autres ce qu'il n’osait pas demander pour lui (1). Cependant lorsqu'il vit la direction intégriste que prenait le Concile, il ne lui envoya pas le mémoire qu'il avait rédigé. A la fin du mois d'avril 1870, ayant appris que son ami, le Père Hyacinthe Loyson allait passer quelques jours auprès de Dœællinger, il le pria de transmettre le résumé de ses recherches et de ses conclusions à l’illustre théologien et de solliciter son avis sur le sujet. Le Père Hyacinthe fit la commission. Dœllinger tout imbu
contre cet abominable et injustifiable projet. Concertonsnous donc entre ligueurs de la paix pour soulever d'ici à quinze jours l'opinion publique contre cette guerre que peut vouloir le despotisme, mais qui fait horreur à tous les hommes de liberté. »
(1) Lettre au Père Hyacinthe, 1e mai 1870.
de la tradition ecclésiastique qui faisait Ja
règle de sa vie et de ses principes, répondit simplement : « Il n'y a pas dans toute l'antiquité ecclésiastique un seul exemple d'un prêtre marié après son ordination. » (1)
Cette réponse dut d'autant moins satisfaire l’abbé Charles Perraud que, parmi ses nom breuses pénitentes, il avait trouvé une .com= pagne capable d'assurer son bonheur. C'était une fémme jeune encore, — elle avait un peu plus de trente ans, — et qui, outre son mari, avait perdu son fils unique, un bel enfant-de sept ans (2). Comme son directeur, elle était pieuse et timorée, et ils luttèrent contre leur amour jusqu'à ce qu'il fût devenu assez fort pour leur faire considérer la loi du célibat ecclésiastique comme une disposition contre nature.
Que devaient-ils faire ? Telle fut la redoutable question qu'ils se posèrent longtemps
(1) Journal du Père Hyacinthe, 13 mai 1870.
@) Rosalie-Eugénie Raymond, née à Bordeaux, vers 1837, épousa Baptiste-Elie Duval. Leur enfant, Elie, décéda le 28 février 1869, à Paris.
sans avoir le courage de la résoudre. Le Père Hyacinthe, consulté, répondit que leur devoir était de rompre complètement, ou de se marier purement et simplement, honnêtement, comme tout le monde. Ni l’un ni l’autre n’en avaient le courage. Mais pour jouir de plus de liberté, Charles Perraud se fit délier de ses promesses envers l'Oratoire et il cessa de faire partie de la Société vers le mois de juin 1870.