LA GUERRE DE FRANCE
La guerre avec l'Allemagne mit bientôt à l'arrière-plan les discussions théologiques. Le fils du soldat de Waterloo regretta de ne pouvoir prendre le fusil, mais il prêta le concours qu'il pouvait, et quand, au début du siège de Paris, on eut mobilisé la garde nationale pour former des bataillons de marche, il offrit ses services d’aumônier militaire au colonel du 17° bataillon qui les accepta avec empressement.
« Le bataillon assista, le 2 décembre, au combat de la gare aux Bœufs, et durant plusieurs semaines, il fut chargé du service des avant-postes aux environs de Vitry. Pendant tout ce temps, l’aumônier se montra admirable d’entrain et de courage. Il charmait le corps des officiers par son esprit et sa gaieté, et il passait
Dîner chez le P. Gratry. Conversation avec l'honnête et courageux Charles Perraud.
30. — Ma protestation contre le prétendu dogme de l'infaillibilité du Pape a paru ce soir dans la France, et paraîtra demain matin dans les Débats. Je suis très ému, mais très paisible. Plein de joie. Un grand devoir est accompli. Je me sens à la fois si libre et si catholique ! Le P. Charles Perraud m'a accompagné aux bureaux de la France quand j'y ai porté ma protestation.
la nuit, il était encore à son poste dans la ferm $ de la Fouilleuse où était établie l’ambu-… lance. » (1) (À
À triotique de Charles Perraud une blessur
M. de Crisenoy, à M. l'abbé Lacroix qui les a cités da
plus fard évêque de Tarentaise (1901-1907), avait placé Charles Perraud comme conférencier à
cantonnements, rendant aux hommes tous.
petits services qui étaient en son pouvoir.
« Le 19 janvier 1871, le 17° bataillon de mar- | che prit une part active à la bataille de Buzen Le val. Conduit par son vaillant colonel, il é en tête de la colonne d'attaque qui enleva.
parc de ce village. Ce jour-là, l'abbé Perrauc eut, comme tous les officiers, et les Id dé bataillon, sa part d’héroïsme et de dévouemé Dès trois heures du matin, il s'était mis en ; marche avec les troupes, et vers le milieu
La guerre de France laissa dans l'âme p
guérissable. Peu de temps après, il souffr
(1) Ces détails furent donnés par le colonel juiune conférence faite en l’église Saint-Ambroise
10 mars 1892 : M. l'abbé Charles Perraud, sa vie et œuvres (Paris, Chapelliez, 1892, in-8°, 31 D). M. Lac
Ambroise.
dans ses affections privées d’une autre grande douleur : la mort du Père Gratrv.
Les derniers mois du philosophe furent misérables. Atteint d'une grave maladie, il se rendit à Montreux pour s'y soigner. Seul, sans grand argent, dépourvu de sens pratique, il tomba bientôt dans un état pitoyable. Des dames charitables remarquèrent ce prêtre qui paraissait abandonné et s’occupèrent de l’installer confortablement. Déprimé par la maladie, harcelé par les lettres du Père Adolphe Perraud qui le suppliait sans cesse de se soumettre aux définitions du Concile, Gratry finit par écrire au nouvel archevêque de Paris, Mgr Guibert, l'expression de son adhésion. La voici :
Montreux, canton de Vaud (Suisse).
. 25 novembre 1871.