‹ Un prix montyon; comédie en trois actesChapitre 2 sur 84 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PONTBICHOT, seul, puis JEANNETTE.

Au lever du rideau, la scène est vide. On entend sonner plusieurs fois de suite, d'abord lentement, puis nerveusement, Pontbichot entre.

PONTBICHOT, à la cantonade.

Une minute, madame la marquise, une minute, (il ferme la porte et appelle.) Jeannette ! Jeannette I Ahl ça, où est-elle donc passée? (jeancette entre.) Ah!

2 UN Paix MONTYON

VOUS voilà! ce n'est pas malheureux ! Je sonne depuis dix minutes.

JEANNETTE

Pas possible !

Gomment, pas possible?... Vous êtes donc devenue sourde ?

JEANNETTE

Je ne fais que de rentrer du marché t

PONTBIGHOT.

Alors pourquoi dites-vous qu'il n'est pas possible que je sonne depuis dix minutes?

JEANNETTE

C'est une façon de parler.

PONTBIGHOT.

Elle est mauvaise, voilà tout.

JEANNETTE

Dame ! si je parlais comme monsieur, je serais pas cuisinière.

PONTBIGHOT.

Vous seriez professeur de morale.

JEANNETTE

Ça, c'est beau !

PONTBIGHOT, modestement.

Il n'y a pas mieux, à ma connaissance du moins. Je sais que vous avez une grande admiration pour moi, mais elle ne peut remplacer que jusqu'à un certain point l'exactitude dans le service. Je vous ai prise à cause de votre vertu, vous avez été rosière ex aequo.

£s ego, c'est-y plus ?

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