‹ Un prix montyon; comédie en trois actesChapitre 42 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Française I (Mouvement de Baiandard.) Comme prix Mon- Ij-on, seulement.

BALANDARD

Ceux qui les donnent, monsieur, ont quelquefois moins de vertu que ceux qui les reçoivent,

Quelquefois, seulement.

BALANDARD

Prix Montyon ! Mais, mon cher maître, c'est plus que d'être académicien.

PONTBIGHOT, avec doute.

Ohl

BALANDARD

C'est plus ! Et je le prouve. Que faut-il pour être académicien ? Qu'on vous nomme,... tout simplement. Tandis que pour avoir un prix Montyon, il faut avoir donné au monde un spectacle héroïque.

PONTBIGHGT, modestement.

Ah ! monsieur I

BALANDARD

Tenez, mon cher maître, une comparaison : avezvous vu quelquefois un concours de fanfares et d'orphéons ?

PONTBIGHOT.

Oui, monsieur,

BALANDARD

Que font les fanfares ¥

PONTBIGHOT.

Du bruit en cuivre.

Elles jouent successivement leur morceau, (n imite la musiqu*.) Parapa para pa pa pa pa pal

52 UN PRIX MONTYON n

PONTBIGIIOT, à part.

Je ne suis pas en train de faire ma partie.

BALANDARD

Et les orphéons, qu'est-ce qu'ils font?

PONTBIGHOT.

Ils crient en mesure, ou à peu près.

BALANDARD

Bien... mais pendant que les orphéonistes se donnent un mal du diable et que les musiciens soufflent dans leurs instruments, que fait le jury, lui?

PONTUIGHOT.

Il doit bien souffrir !

BALANDARD

Ne croyez, pas ça!... On prend rarement de vrais musiciens comme jurôs!... Je l'ai été. Il est là, le ury, sur une belle estrade recouverte d'un tapis moelleux, assis dans des fauteuils confortables et abrité par une tente luxueuse ornée de crépines d'or.

POXTBIGIIOT.

J'en conviens, monsieur, (a part.) Il est descriptif.

BALANDARD

Eh bien, mon cher maître, les prix ^klontyon des deux sexes me rappellent les musiciens cl les orpliéonisles qui se donnent un in;il du diable, et l'Académie c'est le bon jury qui se prélasse sous les> crépines d'or.

PONTRICIIOT.

Vous me flattez.

BALANDARD

Je vous dis ce que je pense... Les piix Montyon c'est la Li'gioii iriintmoui- de la vertu cl je nmrqiieru

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