ACTE DEUXIÈME
Française I (Mouvement de Baiandard.) Comme prix Mon- Ij-on, seulement.
BALANDARD
Ceux qui les donnent, monsieur, ont quelquefois moins de vertu que ceux qui les reçoivent,
Quelquefois, seulement.
BALANDARD
Prix Montyon ! Mais, mon cher maître, c'est plus que d'être académicien.
PONTBIGHOT, avec doute.
Ohl
BALANDARD
C'est plus ! Et je le prouve. Que faut-il pour être académicien ? Qu'on vous nomme,... tout simplement. Tandis que pour avoir un prix Montyon, il faut avoir donné au monde un spectacle héroïque.
PONTBIGHGT, modestement.
Ah ! monsieur I
BALANDARD
Tenez, mon cher maître, une comparaison : avezvous vu quelquefois un concours de fanfares et d'orphéons ?
PONTBIGHOT.
Oui, monsieur,
BALANDARD
Que font les fanfares ¥
PONTBIGHOT.
Du bruit en cuivre.
Elles jouent successivement leur morceau, (n imite la musiqu*.) Parapa para pa pa pa pa pal
52 UN PRIX MONTYON n
PONTBIGIIOT, à part.
Je ne suis pas en train de faire ma partie.
BALANDARD
Et les orphéons, qu'est-ce qu'ils font?
PONTBIGHOT.
Ils crient en mesure, ou à peu près.
BALANDARD
Bien... mais pendant que les orphéonistes se donnent un mal du diable et que les musiciens soufflent dans leurs instruments, que fait le jury, lui?
PONTUIGHOT.
Il doit bien souffrir !
BALANDARD
Ne croyez, pas ça!... On prend rarement de vrais musiciens comme jurôs!... Je l'ai été. Il est là, le ury, sur une belle estrade recouverte d'un tapis moelleux, assis dans des fauteuils confortables et abrité par une tente luxueuse ornée de crépines d'or.
POXTBIGIIOT.
J'en conviens, monsieur, (a part.) Il est descriptif.
BALANDARD
Eh bien, mon cher maître, les prix ^klontyon des deux sexes me rappellent les musiciens cl les orpliéonisles qui se donnent un in;il du diable, et l'Académie c'est le bon jury qui se prélasse sous les> crépines d'or.
PONTRICIIOT.
Vous me flattez.
BALANDARD
Je vous dis ce que je pense... Les piix Montyon c'est la Li'gioii iriintmoui- de la vertu cl je nmrqiieru