‹ Un prix montyon; comédie en trois actesChapitre 43 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ce jour d'un caillou blanc, puisqu'il m'a permis, mon cher maître, de faire votre connaissance.

PONTBICHOT,à part.

La voilà la considération, l'estime publique! Ja mais je ne pourrai me dénoncer.

BA.LANDARD.

Qu'est-ce qui vous amène céans, mon cher maître? M. Garpiquet, notre juge d'instruction, aurait-il l'honneur d'être connu de vous?

PONTBIGHOT.

Hélas, non !

BALANDARD

Hélas 1 pour lui alors.

PONTBIGHOT.

Je viens pour l'affaire Veauvardin.

BALANDARD

Tiens!... Vous intéresseriez-vous au prévenu, par hasard?

PONTBIGHOT.

Oui, par hasard.

BALANDARD

Ah! son affaire est bien mauvaise.

PONTBIGHOT.

Vraiment ? Cependant il jure qu'il est innovant.

BALANDARD

Et vous l'avez cru ?

PONTBIGHOT.

Oui, je vous l'avoue.

BALANDARD

Eh bien, vous allez voir ce que nous allons en faire

de son innocence!... Voulez-vous mon avis sincère? 11 est perdu !

PONTBICHOT.

Cependant, avec un bon avocat ?

BALANDARD

Eh ! mon cher maître, que peut un bon avocat en l'espèce. Il y a flagrant délit.

PONTBICHOT.

Il y a bien des circonstance atténuantes, allons !

Où les voyez-vous ?

PONTBICHOT.

L'homme n'est pas de bois, cher monsieur.

BALANDARD

Cependant ici, on est oI)ligé dereconnaître que l'accusé était plutôt un homuie do bois.

PONTHIGHOT, siins comprendre.

Pourquoi donc?

BALANDARD, riant.

Le bois de Clainart. voyous.

PONTBICHOT, à part.

La justice est gaie. (Haut.) ïcncz, monsieur le juge...

BALANDARD

Ne m'appelez pas M. lo juge.

PONTBICHOT.

Tenez, mon cher ami...

BALANDARD, bouriant.

Vous me flattez, mon clicr maître I

PONTlilcHOT.

Voulez-vous me faire un plaisir?

Page 1