ACTE DEUXIÈME
PONT BICHOT.
Depuis ce matin, je ne fais que m'occuper de vous. Vous abusez, à la fin !
VEAUVARDIN.
Un instant, rien qu'un instant, (a Balandard.) Et qu'est-ce qu'il dit ce garde champêtre?
Tenez, le voilà ce qu'il dit.
Il prend les billets de mille et les lui montre. PONTBIGHOT, à part.
Mes billets !
VEAUVARDIN, ahuri.
Je ne vous comprends pas!
BALANDARD
Ces billets de banque sont ceux que vous avez donnés ce matin au garde champêtre Rasquinois pour qu'il partit, pour qu'il désertât l'honneur et la France.
VEAUVARDIN, ahuri.
C'est pas possible I C'est quelqu'un qui me fait une farce 1
Il rit.
BALANDARD
Quel aplomb ! (a Pontbichot.) Vous savez, mon opinion est faite. . C'est un vieux forçat évadé.
PONTBIGHOT.
C'est possible ! Je ne resterai pas une minute de plusl
Fausse sortie.
BALANDARD, le retenant.
Je vous en prie, je veux dissiper tous vos doutes.
PONTBICIIOT.
ris le sont ! (a Veauvardin.) Vous êtes coupablo I
VEAUVARDIN.
Quoi ! mon cher maître, vous croyez?
■ • PONTBIGHOT.
Assez I Je ne vous connais plus !
BALANDARD, à Veauvardin.
Vous le voyez. Votre seul témoin à décharge se dérobe. Allons, avouez, avant que je vous mette en présence du garde I
PONTBIGHOT.
Oui. Avouez avant et peut-être vous rendrai-je ma pitié.
VEAUVARDIN, ahuri.
Ma parole ! il y a des moments où je me demande si je n'étais pas à Glamart.
PONTBICIIOT, vivement.
Il avoue !
BAL A.NDARD.
Allons donc! (Entraîné) Greffier, écrivez: L'accusé avoue... (changeant de ton.) bapristi ! Je me croyais le jage !
PONTBIGHOT.
De cette façon il n'y a pas besoin de le mettre en présence du garde, puisqu'il avoue.
BAL ANDARD.
Persistez VOUS dans vos aveux ?
VEAUVARDIN, comme sortant d'un songe.
Quels aveux ?
PONTBIGHOT.
Comment, quels aveux?... Vous venez de dire que vous étiez à Glamart.