ACTE PHEMICn
RASQUINOTS.
Toujours, mam'zelle Jeannette, la nuit plus que le jour.
JEANNETTE, baissant les yeux.
Vous oubliez à qui vous parlez.
RASQUIXOIS.
Ah ! je sais bien que vous avez été rosière. C'est même pour cela que je vous aime.
JEANNETTE
Je le suis encore !
RASQUINOIS, avec méfiance.
Cependant, vous servez chez un homme seul, à ce qu'on m'a dit.
JEANNETTE
Oui, mais quel homme ! un prix Montyon ! un profes.seur de morale!
nASQUINOIS.
G'est-y plus qu'un garde champêtre?
JEANNETTE
Oh oui! Monsieur dit qu'il n'y arien au-dessus.
RASQUINOIS.
Mors, c'est plus! Dites donc: est-ce que vous connaissez dansc'le maison an particulier nommé Veauvardin?
Comme vous en parlez! C'est le propriétaire.
RASQUINOIS.
C'est un vieux polisson !
JEANNETTE
Il a pourtant l'air bien sérieux!
RASQUINOIS.
C'est des hypocrisies.
JEANNETTE
C'est un ami de monsieur.
IIASQUINOIS.
Eh ben! pl'cLie demain, p't'être aujourd'hui, vot' maître ne le f recueillera plus!
JEANNKTTE.
Qu'est-ce qu'il a donc fuit?
RASQUINOIS, embarrassé.
Vous avez éLé ro.sière, ne me le demandez pas, mam'zelle Jeannette... ne me le demandez pas.
■ JEANNETTE
C'est donc des horreurs?
RASQUINOIS.
C'est-à-dire que depuis dix ans que je suis garde champêtre, j'avions jamais vu ça. Jl'avions ben entendu dire par des plus vieux que moi dans la partie, mais j'voulions pas le croire.
JEANNETTE
Mais qu'est-ce que c'est donc ? c'est-y que c'est un crime ?
RASQUINOIS.
C'est un crime si on veut, c'est pas un crime si on ne veut pas.
Ah!
IIASQUINOIS.
J'peux tout d'mème vous on raconter un brin !
C'est ça.
Pour lors, n'est-ce pas, je faisio.is une ronde dans