‹ Un prix montyon; comédie en trois actesChapitre 8 sur 84 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

le bois de Glaniart, je passais dans l'allée des Trembles verts quand j'entends comme ça...

Il imite un bruit àe baisers.

JEANNETTE, ingénument.

C'était une mère qui embrassait son enfant ?

RASQUINOIS.

Si c'avait été ça, j'n'aurions pas dressé procèsvorbal.

Qu'est-ce que c'était donc ?

RASQUINOIS.

Des choses irrégulières qui ne se racontent pas à des jeunesses honnêtes comme vous.

JEANNETTE

Je comprends I

RASQUINOIS.

Tant pis, mam'zelle Jeannette.

JEANNETTE

C'était m'sieur Veauvardin qui embrassait madame Veauvardin?

RASQUINOIS.

Si c'avait été ça, j'n'aurions pas dressé procèsverbal.

JEANNETTE

Ah!

RASQUINOIS.

Mais sufficit! Pour lors, que j 'voudrions voir vot' maître pour c'que vous savez.

JEANNETTE

Pour lui demander ma main.

RASQUINOIS.

Les deux, mam'zelle Jeannette, les deux avec tout le reste.

iO UN PRIX MONTYON

JEANNETTE, sévèrement.

M. Barnabe I... Il m'est impossible de déranger monsieur en ce moment. Il donne une leçon de morale à une marquise qui doit en avoir ben besoin, car elle reste toujours deux heures, mais si vous voulez revenir...

RASQUINOIS.

Ou ben attendre dans la cuisine... avec vous.

JEANNETTE

C'est pas conv'nable, m'sieu Rasquinois !

RASQUINOIS.

Je représente la République dans le bois de Glamart, et quand on représente la Hopnbliqae dans le bois de Glamart, on ne respecte pas seulement la loi, on respecte encore les rosières dans leur cuisine I Vous êtes sous la garde des lois, mam'zelle Jeannette.

JEANNETTE

Ohl alors... (Rasquinois lui pince la taille.) VouS appelez ça la garde des lois, vous I

Ils sortent.

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