SCENE XVI
VEAUVARDIN, seul, puis PONTBICHOT.
VEAUVARDIN, criant, à genoux.
Arrêtez-le! Arrètez-lel ou plutôt, non, allons chez le jupe d'instruction... Enfin !... je vais donc pouvoir prouver mon innocence !...
hCtk troisième 10^
POXTBIGHOT, entrant par la gauche dans une position d'humilité. Il a pleuré et tient une lettre h la main. A lui-même, regardant la lettre.
Ça y est 1 (ll trouve Veauvardin agenouillé. Au publie.)
Pauvrehonime ! il fait sa prière ! (Haut.) Relevez-vous, Veauvardin.
Je ne peux pas, mon cher maître.
PONTBICHOT.
Savez-vous où je vais de ce pas?
VEAUVARDIN.
Non.
PONTBIGHGT, tragique, lui montrant la lettre.
Je vais mettre cette lettre à la poste. Lisez la suscription.
VEAUVARDIN, lisant.
« Monsieur Carpiquet, juge d'instruction. »
PONTBICHOT.
Si vous connaissiez le contenu de cette lettre, vous seriez bien étonné.
VEAUVARDIN.
Expliquez-vous.
PONTBICHOT.
Ce que je fais là, Veauvardin, je ne suis pas sûr du tout qu'un autre le ferait à ma place, aussi ai-je longtemps hésité.
VEAUVARDIN.
Voyons, parlez,
PONTBICHOT.
Eh bien, je déclare àmonsieurle juged'instruction que c'est moi...
VEAUVARDIN.
Que c'est vous...
PONTBICHOT.
Que c'est moi qui ai élé pincé à Glamartl
VEA.UVARDIN.
Vous ! (A part, avec admiration.) C'était pOur me Sau-
ver I Quel saint homme ! c'est admirable!
PONTBICHOT, toujours les yeux baissés.
C'est le devoir I
VEAUVAnniN.
Le devoir I mais il n'y a pas un Romain qui aille à votre cheville.
POXTBIGliOT,
Non ! ils sont trop grands !
Vi-:auvardin.
Ah I que c'est beau ! ah ! que c'est noble I Vous savez, mon cher maître, l'estime profonde que j'avais pour vous. Eli bien, permettez-moi dp- vous dire que rien dans l'histoire n'est plus beau que ce sacrifice.
PONTBICHOT.
J'étais à Glamart.
VEAUVARDIN.
Jamais je n'oublierai ça, jamais I
J'étais à Glamart. .
VEAtTVAUDIN.
Non, tu n'y étais pas.
PONTBIGHÛT, à part.
Le pauvre homme devient fou !