‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 37 sur 111 · CHAPITRE III A · texte numérisé non relu

CHAPITRE III A

tions ou des restrictions que nous examinerons plus loin.

Plus récemment (1902-1903), une nouvelle modification apportée à la conception primitive du parallélisme, l'introduction par Ed. PERRIER de la tachygenèse (de =», rapide) porta un coup sensible à la théorie de la récapitulation. Pour Ep. PERRIER et CH. GRAVIER, la distinction faite par GIARD et HAECKEL des phénomènes embryogéniques en palingénétiques et cénogénétiques est insuffisante, parce qu'il s’agit de phénomènes nombreux qui s’enchaînent d’une manière continue, tandis que ces termes, en établissant une opposition entre certains de ces phénomènes, les disjoignent et rompent leur continuité. La tachygenèse est « une cause ou un ensemble de causes accélératrices des phénomènes embryogéniques » [p. 150] qui agit d’une manière continue. « Tandis que les expressions cénogénies, embryogénies con-

* densées font naître dans l'esprit et expriment incontestablement l’idée d’une opposition aux palingénies dans le système de HAECKEL, aux embryogénies dilatées dans celui de Gtarp, la tachygenèse doit être entendue comme une force sans cesse agissante, ayant déterminé à partir des ontogénies patrogéniques [palingéniques]|, une série continue d’ontogénies de plus en plus accélérées, dont les résultats, quels qu’ils soient, sont désignés sous le nom de tachygénies » [p. 150-151].

« La tachygenèse, propriélé essentielle que possède l’hérédité d'accélérer les phénomènes embryogéniques,

fait de celte force un élément des plus importants de transformation spontanée des formes organiques » [p. 351]. Elle a pris une part importante à la réalisation du type Vertébré (ibid.) « Aussi bien chez les larves que chez les adultes, elle a créé des organes nouveaux dont le plus important est la corde dorsale des Vertébrés » [p. 352]. L'origine de la corde s’expliquerait pour ces auteurs par ses relations morphologiques. La région de l’entoderme, qui l’engendre chez ’'Amphioxus et chez les Vertébrés primitifs, tout au moins, est placée au-dessous de la gouttière médullaire et entre les sacs cæœlomiques «trois régions d’accroissement rapide qui puisent dans la plage entodermique avec laquelle elles sont en rapport, tous leurs matériaux nutritifs. Les cellules de cette plage sont donc rapidement vidées, entrent en modification après quelques transformations secondaires, soit de la plage qu’elles forment, soit de leur propre constitution, et c’est cette plage mortifiée, dont l’existence est la conséquence directe de la formation tachygénétique de l’exoderme et du mésoderme, qui devient la corde dorsale » [p. 320]. . S'il en est ainsi, si des organes comme la corde peuvent se former d'emblée aux dépens d’une partie d’un feuillet placé dans des conditions nouvelles, et sans devoir être précédés par un organe distinct ayant fonctionné soit de la même manière, soit d’une autre façon (changement de fonction de Doxrx) que l’organe qui lui succédera,ilest clair que la récapitulation ne pourra plus guère se rencontrer que dans des cas

CHAPITRE II 19 particuliers, dans les cas les plus palingénétiques, et qu'il sera même inutile d’en chercher des traces dans les premiers stades du développement d'êtres aussi tachygénétiques que le seraient les Vertébrés.

Enfin vinrent les études de Oscar HERTWIG (1906), qui semblent avoir renversé complètement la théorie de la récapitu'ation prise dans son sens strict. Nous n'en parlerons pas ici parce que nous leur avons réservé un chapitre entier, auquel nous renvoyons (Voy. chapitre IX).

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