CHAPITRE IIT
manifestement encombrante dans maints passages de la Phylogénie systématique. Quels termes choisirons-nous, par exemple, pour désigner nos ancêtres hypothétiques les plus immédiats ? Dirons-nous pour nommer le plus éloigné, Pithecanthropus alalus [p. 601] ou Pithecanthropus atavus [p. 631] ou enfin Pithecanthropus erectus avec Eu. DuBois [p. 632]. Et l’autre chaînon plus voisin de nous, doit-il être désigné comme Protanthropus atavus [p. 617] ou comme Homo primigenius [p. 617]?
Toutes ces variations montrent évidemment que HAECKEL ne prétend pas fournir un tableau définitif des formes ancestrales, et que l’on ne doit pas non plus accepter sans discussion tout ce qui est contenu dans la Phylogénie systématique des Vertébrés. I m'a semblé néanmoins utile d'exposer largement les idées du grand morphologiste, qui a médité depuis plus de trente ans, sur le parallélisme des développements ontogénétique et phylogénétique et sur la généa-
logie des êtres vivants.
Les principales formes embryonnaires initiales distinguées par HAECKEL, morula, blastula, gastrula sont généralement admises par les embryologistes ; les suivantes sont moins fidèlement acceptées, bien que l’on emploie souvent les termes de Propoisson, Protamniote, Promammifère; mais peu d’auteurs donnent la longue série de formes décrites par le naturaliste d’Iéna. D'autre part, on a de bonne heure cherché d’autres caractéristiques que celles de HAECKEL pour certaines formes embryonnaires.
VIALLETON. Problème évolution. 9
Ainsi RAUBER (1877) a désigné sous le nom de neurula la phase de l'embryon dans laquelle le système nerveux s’ébauche sous la forme d’une large plaque étalée à la face dorsale du germe. Ce terme est maintenant accepté d’une manière générale, il sert à désigner une phase qui succède chez les Vertébrés à la gastrula, et qui remplace les trois stades cœlomula, chordula, spondula de HAECKEL.
De très bonne heure, c’est-à-dire aussitôt après l'apparition des livres de FriTrzMüLLERetde HAECKEL, on fit passer la théorie de la récapitulation dans le domaine des applications et on l’employa dans l’interprétation des ontogénies particulières, mais on s’aperçut bientôt aussi des difficultés qu’elle présentait. On ne fut pas toujours d’accord pour déterminer quels phénomènes devaient être regardés comme une répétition des dispositions ancestrales, quels autres étaient secondairement acquis. Chacun «s’en tira un peu comme il put » (KEIBEL 1897, p. 730) et cela ne doit pas étonner, car déjà plusieurs années auparavant, DOHRN disait (Studie IX, 1886, p. 411) en
parlant de la loi biogénétique que, «juste en principe cette loi doit être suivie seulement dans le même sens que, jadis, les oracles de Delphes ». Autant valait dire que cette loin’en était pas une et que son emploi était laissé à l’appréciation de chacun.
À partir d’un certain moment, les critiques se firent plus vives ; KOELLIKER, HENSEN, EMERY, BEARD, OPPEL, MEHNERT, KEIBEL, apportèrent des objec-