CHAPITRE IV
une faible étendue, de sorte que la loge péricardique, au lieu d’être entièrement comprise à la face ventrale du tube digestif, s'étend dorsalement jusqu’à la colonne. Dans ce péricarde est situé un sinus veineux bien singulier et non plus transversal comme chez les Poissons, mais vertical, allant de la face inférieure de la colonne où il reçoit le sang des veines jugulaires et cardinales jusque sur la face ventrale de la cavité cæœlomique, sur laquelle il s'étend en se courbant, fixé à sa paroi en avant par un tronc veineux énorme qui le prolonge (veine jugulaire impaire), en arrière par une veine plus petite, mais bien développée cependant, la veine hépatique ventrale (voy. fig. 5, pl. IT). Ce sinus veineux vertical s’enfonce entre l’oreillette et le ventricule qu'il sépare l’un de l’autre dans leur partie caudale et qui, au lieu d’être superposés l’un à l’autre comme ils le sont chez les Poissons, sont situés côte à côte, l’un à gauche (l'oreillette), l’autre à droite (le ventricule), comme deux hémisphères accolés par leur face plane qui coïnciderait à peu près avec le plan sagittal.
Chez ces animaux, l’asymétrie primitive de l’anse cardiaque est donc non seulement conservée, mais exagérée, car chacune des deux chambres cardiaques occupe toute la moitié correspondante, gauche ou droite, du péricarde. Et cependant, par le seul fait du fonctionnement, la symétrie devrait tendre à se produire, le ventricule tiré vers l'insertion de l’artère branchiale à chaque systole devrait être par
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là-même insensiblement amené dans la moitié ventrale du péricarde. Mais un ligament particulier l’attache à la paroi droite du corps et empêche cette torsion qui aurait eu pour résultat de comprimer plus ou moins la partie ventrale du sinus veineux déviée de la ligne médiane par le développement du ventricule, et de gêner ou même d'empêcher le cours du sang (1).
La disposition particulière du cœur des Lamproies
résulte d’un mélange complexe de corrélations physiologiques d’une part et architecturales d'autre part. En effet, la situation de l'oreillette et du ventricule de chaque côté du plan sagittal est évidemment commandée parla position verticale du sinus veineux, car elle est la seule qui permette à ce dernier de fonctionner convenablement, c'est-à-dire de n'être pas comprimé ou tordu par le déplacement du ventricule. Mais cette disposition du sinus relève ellemême de détails de structure sans importance physiologique, ou plutôt dont la présence ou l’absence ne changent rien à la fonction des parties qui les présentent. Ce sont : premièrement la formation d’une veine hépatique ventrale et d’une veine branchiale impaires, soudées à la paroi ventrale du corps et en partie enfoncées dans son épaisseur; secondement la disparition d’un des canaux de Cuvier, laissant
(1) Voyez pour plus de détails L. VrazLETOoN. Étude sur le cœur des Lamproies, etc. Arch. d'anat. microse., t. VI, 1903.
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