CHAPITRE IV
l'autre former la partie dorsale du sinus. Or, si la disparition d’un canal de Cuvier s’explique peut-être par le rapprochement des deux veines jugulaires l’une de l’autre du côté dorsal, — rapprochement permettant l'établissement entre elles d’une anastomose, qui rend possible l’atrophie d’un des canaux de Cuvier — et si ce rapprochement est plus ou moins corrélatif de la régression du tube pharyngien, conséquence de la vie parasitaire de ces animaux, de sorte qu’en somme la raison du changement réside dans une modification de fonction, il y a d’autres facteurs qui ne relèvent pas de la même cause. Ainsi l’attache de la veine hépatique à la paroi ventrale, qui force le sinus à s’étendre jusqu’à cette dernière, s’observe uniquement chez les Cyclostomes et ne paraît pas dépendre de raisons physiologiques car, dès le début, avant que les modifications qui accompagnent la régression de l’æsophage existent, la veine hépatique ventrale est attachée à la paroi abdominale. L’adhérence de cette veine à la paroi ventrale paraît donc un fait purement morphologique, et il en est de même pour celle de la veine branchiale impaire.
Un autre exemple de corrélations architecturales est fourni par les viscères des Amniotes. Chez tous ces animaux, la partie initiale des poumons occupe, avec le péricarde, la partie crâniale de la cavité viscérale dans laquelle le foie ne s’avance jamais. Or, cette disposition qui rend possible la formation d’une cavité thoracique distincte chez les Mammife-
res, est liée à des rapports spéciaux de la région branchiale et du sinus veineux qui s’observent de très bonne heure chez les embryons des Amniotes et ne peuvent aucunement dépendre de changements fonctionnels. On trouvera au chap. VI des détails permettant de comprendre la corrélation architecturale qui relie la formation d’un thorax aux rapports primitifs du sinus veineux, et qui ne pourrait être expliquée ici sans faire double emploi avec ce chapitre. Il suffit pour le moment d’avoir indiqué, à propos des modes de transformation des organes, le fait que des changements de forme des parties de l’animal, sans importance fonctionnelle aucune, entraînent dans la structure des organes, des modifications importantes que l’on peut désigner sous le nom de corrélations architecturales.
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