CHAPITRE PREMIER
côte à côte dès les plus anciennes formations fossilifères, comme si elles avaient toujours coexisté.
Cependant, le développement des connaissances a fait surgir bien des incertitudes et soulevé des problèmes dont on ne soupçonnait pas l’existence : problèmes généraux comme ceux des causes et du mécanisme des transformations, problèmes particuliers se présentant en si grand nombre, qu’il est impossible à un homme de les embrasser tous et que nous voyons reprendre, en sous-main, par une foule de travailleurs, — chacun dans sa spécialité — l’étude de questions que l’on avait cru tranchées et dont on commence seulement à apercevoir la complexité et la difficulté croissantes. |
Parmi ces problèmes, l’un des plus intéressants est celui des rapports qui existent entre les embryons des animaux supérieurs et les animaux inférieurs, ou la théorie de la récapitulation des formes ancestrales dans le cours du développement des animaux supérieurs.
Dèsles débuts du dix-neuvième siècle, on s’efforça de montrer qu’il existe un parallélisme remarquable entre les formes successives que revêtent les embryons des animaux supérieurs et celles des animaux inférieurs à l’état achevé. HAECKEL s’est emparé de cette théorie, qu’il a développée d’une manière saisissante — distinguant, au milieu du chaos des formes embryonnaires, certains types qui se retrouvent dans tous les groupes — et il en a fait
14 UN PROBLÈME DE L ÉVOLUTION une loi essentielle de la biologie qu’il appelle la Loi biogénétique fondamentale.
La loi biogénétique a pris une place considérable dans la science contemporaine et a joué un grand rôle dans l'interprétation des phénomènes embryologiques.
Cependant déjà en 1828, Von BAER dirigeait contre la théorie du parallélisme des objections dont Osc. HERTWIG a fait ressortir, il y a peu de temps, toute l’importance. Tout près de nous, et en plein triomphe de la doctrine de HAECKEL, les contradicteurs ne manquèrent pas à la théorie de la récapitulation. Des embryologistes comme KOELLIKER, HENSEN, OPPEL, MEHNERT, KEIBEL se prononçaient plus ou moins explicitement contre elle. Son emploi donnait lieu à des difficultés considérables soulignées par Doxrx et par KEIBEL. ED. PERRIER y apportait, par la théorie de la tachygenèse, une modification si grave qu'elle n’en laissait presque rien subsister ; enfin Osc. HERTWIG en faisait l’objet d’une étude prolongée dont les premiers résultats parurent, en 1808, dans son Anatomie et Physiologie générales, qu’il continua en 1901 dans le Traité d’Embryologie expérimentale et comparée des Vertébrés dont il a dirigé la publication et qu’il termina enfin, en 1906, dans le chapitre qui clot cet ouvrage. Dans ce dernier travail, Osc. HERTWIG montre, en se fondant sur la constitution de l’œuf, d’après les données de la cytologie actuelle, que la loi biogénétique n’est pas exacte et que les embryons ne reproduisent en
n 2 - ds dite