‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 55 sur 111 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

autre organe, mais l’époque de son apparition peut être très différente chez des espèces voisines (Cobaye, Lapin). Ceci prouve que l’amnios ne peut être pris en considération pour des spéculations phylogénétiques, si l’on n’est pas déjà effrayé de l’apparition si précoce d’un organe si tardif phylogénétiquement. L'apparition de l’allantoïde peut se faire à des stades très différents, elle est toujours très primitive malgré la phylogenèse. Souvent l’ébauche mésodermique de l’allantoïde se montre avant son ébauche entodermique, offrant l'exemple d’une hétérochronie des parties d’un même organe. KEIBEL [p. 750] explique cette apparition précoce de la partie mésodermique de l'allantoïde par la fonction qui incombe à ses vaisseaux (formation du placenta) ; chez l’Opossum lallantoïde qui fonctionne tardivement apparaît tard.

Le commencement de la fermeture de la gouttière médullaire a lieu à des époques très diverses. Chez la Brebis, la formation de l’œil et de l'oreille est beaucoup plus tardive que chez le Cochon, son voisin. Les Mammifères sont aussi remarquables vis-à-vis des autres Vertébrés par le développement tardif de leur cristallin.

La rupture de la membrane pharyngienne qui crée la bouche secondaire (successeur du blastopore primitif) se fait plus tardivement qu’elle ne le devrait si l’ontogénie répétait chronologiquement la phylogénie. L’estomac et le foie se sont développés phylogénétiquement plus tard que la bouche secondaire, cependant ils apparaissent avant celle-ci. De même,

remarque Osc. HERTWIG (1906, p. 174) les poumons des Mammifères se développent plus vite que leurs dents et cependant celles-ci ont bien dû les précéder phylogénétiquement puisqu’elles existent déjà chez des animaux non pulmonés.

En somme, chez les Mammifères, l’ordre d’apparition des organes est pour KEIBEL «si peu lié avec la phylogenèse, qu’il ne peut être question d’une valeur de la loi biogénétique » [p. 754].

Dans le même travail KEIBEL exprime aussi une idée qui doit être mise en relief. « Sans mépriser ditil p. 745 la valeur de l’embryologie comparée, on peut dire que chaque être, dans son développement, est un tout qui repose en soi et se conditionne en soi, dans lequel chaque partie influence l’autre». On retrouvera la même pensée formulée par Osc. HERTWIG d’une manière encore plus précise lorsqu'il dit [p.160|, «dans chaque ontogenèse, chaque individu ne fait au sens littéral que son propre développement». Cette phrase caractérise très bien, me semble-t-1l, les rapports qu’il y a entre le développement individuel de l’espèce et le développement général du phylum.

Ilfaut remarquer aussi qu'un Mammifère n'offre pas dans son développement de stade Poisson puisqu'il présente, en même temps que ses arcs viscéraux caractéristiques des animaux aquatiques, une allantoïde absolument distinctive des animaux terrestres. En effet la présence de cette dernière est bien autre chose qu’une simple hétérochronie. La combinaison de ces deux organes, arçs viscéraux et allantoïde,

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