‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 59 sur 111 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

paroi est constituée par un tissu indépendant des arcs et dans lequel est logée l’ébauche thyroïdienne. C’est une masse pleine que le cœlome ne divise pas et qui a pour paroi dorsale l’épithélium pharyngien, pour paroi ventrale l’ectoderme, pour contenu l'ébauche thyroïdienne et les vaisseaux du premier arc ainsi que son ébauche musculaire. Tous ces organes sont plongés dans du mésenchyme qui forme le fond de cette région. Cette portion de la paroi ventrale primitive peut être appelée paroi ventrale prépéricardique. Elle est en effet située en avant de l’extrémité antérieure du péricarde, entre cette dernière et le bord postérieur de la bouche.

Au stade K, chez les Sélaciens — et la même disposition se retrouvera dans la plupart des embryons de Vertébrés — l’extrémité antérieure de la cavité viscérale, ou brièvement le péricarde, s’avance donctrès loin sous le pharynx branchial et la paroi prépéricardique est très courte, elle dépasse à peine le bord postérieur du premier arc viscéral. Le péricarde a la forme d’une cavité conique placée en dessous du pharynx qui en constitue la paroi dorsale, tandis que sa paroi ventrale est représentée par la somatopleure ou paroi propre de l'embryon, comprise entre la paroi prépéricardique et le cordon ombilical. Le péricarde n’est pas isolé pour le moment du reste de la cavité viscérale, cependant, la place de la cloison qui l’en séparera plus tard est facile à reconnaître dès maintenant, grâce à la présence d’un épaississement mésodermique (e.". h., fig. 1, pl. D rudiment de

132 UN PROBLÈME DE L'ÉVOLUTION la future cloison et qui fait saillie à la face ventrale du sinus veineux.

Le péricarde est donc constitué essentiellement à cette époque par la grande cavité placée en dessous de l'intestin branchial et de l’œsophage qui lui fait suite. Cette cavité se prolonge dorsalement, de chaque côté de l’œsophage, par un diverticule compris entre la dernière poche branchiale et le canal de Cuvier.Ces diverticules, peu développés chez les Sélaciens, ne tardent pas à disparaître par fusion des parois de l’œsophage avec celles du corps. Mais ils sont très importants au point de vue de la morphologie générale, parce qu’ils se retrouvent toujours plus ou moins développés chez tous les Vertébrés. Au début, on observe aussi entre l’œsophage et les canaux de Cuvier ou le sinus veineux qui les continue en dedans, un passage conduisant du péricarde dans le péritoine ; c’est le passage sus-cardiaque, qui ne tarde pas à s’oblitérer par rapprochement des parties. Du côté ventral existe un espace large entre le cœur et la paroi du corps, c'est le passage sous-cardiaque. Ce passage ventral se ferme bientôt par la formation d’une lame mésodermique, descendant du bord caudal du sinus veineux et de la face crâniale de l’ébauche hépatique sur la paroi ventrale (méso-hépatique antérieur de HOCHSTETTER) (1901-1903). Mais contrairement à ce que croit cet auteur, ce méso ne s'attache pas au bord antérieur du cordon ombilical (ombilic cutané) ; il est situé crânialement à ce der-

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