‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 7 sur 111 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les précurseurs : HARVEY, KIELMEYER, ETIENNE GEOFFROY SAINT-HILAIRE.— Le fondateur de la théorie du parallélisme, Jon.-FRIED. MECKEL. — , Développement des idées de FR MECKEL. — SERRES. — L'œuvre de C.-ERNST Von BAER, ses critiques de la théorie du parallélisme, ses principes. — De Von BAER à DARWIN.

La théorie du parallélisme ne s’est pas formée en un Jour, elle a eu des commencements lointains et modestes, et sans rechercher si vraiment, comme le prétend MECKEL, elle avait été pressentie par ARISTOTE, on peut, sans conteste, citer l’illustre HARVEY comme son premier parrain. Il devait d’ailleurs en être ainsi ; le rapprochement des stades embryonnaires et des formes animales inférieures ne pouvait échapper à l’observateur qui, le premier, vit le développement de l'embryon s'effectuer par des adjonctions et par des transformations successives, bien différentes du simple accroissement dans lequel on le faisait consister jusqu'alors. Aussi, en 1628, HaARvEY, dans son Traité des mouvements du cœur, s'exprime d’une manière très nette sur ce sujet : « Ainsi la divine nature, dit-il, ne faisant rien en vain, n’a pas donné de cœur aux animaux qui n’en

avaient pas besoin, et ne l’a pas créé avant que ses fonctions n’aient éténécessaires. Passant toujours par les mêmes degrés, chaque animal se forme en traversant pour ainsi dire les différentes organisations de l'échelle animale, devenant tour à tour œuf, ver, fœtus, et dans chacune de ces phases, arrivant à la perfection | p. 119] (1). (Sic natura perfecta et divina nihil faciens frustra, nec cuipiam animali cor addidit, ubi non erat opus, neque priusquam esset ejus usus, fecit, sed iisdeim gradibus in formatione cujuscunque animalis, transiens per omnium animalium constitutiones (ut ita dicam) ovum, vermem, fœtum, perfectionem in singulis acquirit. »

Ces vues ne rencontrèrent d’abord aucun écho. L'idée que le développement comporte une série de transformations profondes, ou s’effectue par épigenèse comme le comprenait HARVEY, avait besoin des travaux de G.-F. WoLrF pour prendre le rang qu’elle méritait. L’épigenèse une fois admise, la théorie du parallélisme devait nécessairement reparaître. Dès la fin du dix-huitième siècle, l’idée que les animaux supérieurs traversent, avant d'arriver à l’état adulte, les formes demeurées permanentes chez les animaux inférieurs, était professée en Allemagne par KiEL- MEYER, qui voyait dans le tétard du Batracien le représentant d’un Poisson.

(1) Harvey. T'railé des mouvements du cœur el du sang chez les animaux (Trad. Charles RicHEeT, Paris, G. Masson, 1892).

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